‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 31 sur 159 · Cartons de Victor Pavie · texte numérisé non relu

Cartons de Victor Pavie

lait -M""' Huyo *. Victor Pavif a été rune des plus belles âmes de ce temps, sa vie fut un modèle de vertu, de charité, de désintéressement. Avoir été son ami est un honneur. Que cet honneur du moins demeure acquis à Mctor Hug-o ! D'autres amitiés ont mené plus de bruit autour du g-rand poète. S'il en est une qui puisse servir sa mémoire et qui la doive protéi^'-er, c'est celle de ce noble cceur et de cet admirable chrétien, — c'est celle de Pavie.

C'est une des misères, et peut-être une des g-randeurs de la vie, que les coups affreux qui sembleraient devoir la briser ont à peine le pouvoir de la suspendre. Un jour vient, un jour prochain, hélas! où nous reprenons notre tâche accoutumée, où nous continuons notre route, où nous poursuivons notre but d'hier, notre ambition delà veille. Tâchons du moins que le souvenir de ceux qui sont partis ne nous quitte plus; n'oublions jamais qu'ils voient toutes nos actions, et ne les faisons pas rougir là-haut, dans les cieux.

Victor Hug-o était jeune encore; dans toute la force et tout l'éclat de son génie, il croyait le moment venu de réaliser le rêve de sa jeunesse, lorsque, à dix-huit ans, à Soumet lui demandant si son intention était de suivre uniquement la carrière des lettres, il répondait qu'il espérait devenir un jour jKtir de France '. Il ne tarda

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