Voir, dans le Correspondant du 23 navembre 1888, mon
En ce temps-là, le poète, qui plus tard ne paraîtra presque jamais à l'Académie, était assez assidu aux séances. Un jour, sur sa proposition, un prix de i.5oo francs est accordé à M"*^ Louise Berlin pour un volume de vers publié sous ce titre modeste : les Glanes. Ce lui est une occasion d'écrire à M"« Bertin,le iG juin 1842, cette jolie lettre ^ :
.... Quelqu'un doit nous remercier, vous et moi, c'est l'Académie. Grâce à vous, ([ui avez la gloire d'avoir fait les Glanes, grâce à moi (jui ai eu l'honneur de lui en lire (juelijues paç'es, cette pauvre bonne vieille d'Académie, qui n'avait jus(]u'ici couronné (jue des vers, a enfin couronné delà j)oésie. C'est un grand pas qui fait honneur à son grand âge. Armand vous a écrit et raconté tout cela, n'est-ce pas ? et les glapissements du vieux Jay dans ses broussailles. L'antique niaiserie classique a été battue sur son propre terrain et houspillée dans son propre sanctuaire.
C'est une horreur ! Gloire à vous ! En somme, votre victoire a été complète. Je ris des vaincus. C'est peu généreux. Pardonnez-le moi, ce sont des accès qui me prennent rarement.
Je travaille, je rêve, je passe ma vie solitairement sous les arbres avec la pensée et avec le souvenir,
ce triste promeneur Qui derrière le temps marche d'un pas rêveur-.
Dans peu j"irai rejoindre ma colonie au Havre...
Vous, Mademoiselle, aimez-nous toujours un peu, car nous vous aimons bien, et puis, musique et poésie, faites-nous de ces admirables choses qui naissent à la fois de votre belle âme et de votre belle vallée.
Mille tendres respects.
Cette lettre est datée de Sdint-Maiidé. Les années
article sur Balzac et l'Académie française. — Voir également à l'Appendice le n" lU.
i. C'est par erreur que les éditeurs dos Lettres de Victor Hugo aux Berlin et ceux du Livre du centenaire des Débats unt daté de 1843 la lettre du poète.