‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 47 sur 159 · Décret du 1" mars 1808, titre III, section I, article · texte numérisé non relu

Décret du 1" mars 1808, titre III, section I, article

. LA PAIHIF. 7!)

En 1845, ^'ictol• Hugo nV'tait pas en bonne odeur auprès des feuilles républicaines, et en particulier auprès du National. Quelle jolie pag-e eût pu écrire .Armand Marrast, s'il avait su que le nouveau pair, en voulant à toute force être vicomte comme Chateaubriand, se passait la fantaisie d'une usurpation de titre ! Voici l'article par lequel il salua l'enti'ée du poète au Luxembourg -.

Nous vous annonf-ons enfin la grande nouvelle : le Luxembourg- est transformé. L'œuvre a été difficile et longue ; mais le temps n'accomplit qu'avec lenteur les événements qui changent la face du monde. Il y a des astres dont la lumière est en route depuis huit mille ans, et nous attendons encore le jour heureux où il nous sera donné de saluer leur premier rayon. La patrie attendait aussi avec impatience la brillante étoile ([ui lui était depuis longtemps annoncée. Aujourd'hui enfin, le seizième jour du mois d'avril, au milieu d'une discussion aride, il s'est fait tout à coup un silence solennel. Le ciel est devenu serein et une sorte d'illumination inconnue traversant les vitres est venue colorer d'un rouge vif les paies tentures de l'enceinte... M. Pasquier, couvert de son mortier, a lu l'ordonnance qui élève à la dignité de pair de France M. LE VICOMTE Victor Hugo... Notre poitrine s'est dilatée... Nous ne le savions pas ! Il était vicomte ! Nous avions eu un frisson de poésie, nous avons été saisis de l'enthousiasme du blason. — Ce large front où l'Orient et l'Occident s'étaient rencontrés, nous avions pensé qu'il n'aspirait qu'à la couronne du poète ; c'est une couronne de vicomte qui le surcharge. Le chantre du sacre de Charles X et de la colonne de l'empereur, le poète qui a célébré les bienfaits de la légitimité et les nobles infortunes des peuples souffrants, la lyre qui a eu des accents pour toutes les puissances et quelquefois aussi des consolations pour de patriotiques douleurs ; cet homme enfin qui a essayé, sans réussir, à mettre d'accord des sentiments justes et des idées fausses, il avait déjà bien de la peine à faire excuser un premier ridicule : il y en a joint un autre. Victor Hugo est mort, saluez M. le vicomte Hugo, pair lyrique de France ! La démocratie qu'il a insultée peut désormais en rire : la voilà bien vengée' ...!

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