‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 48 sur 159 · PREMIERS DISCOURS. — LES PARENTS MATERNELS DE VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

PREMIERS DISCOURS. — LES PARENTS MATERNELS DE VICTOR HUGO

La mort de M. Pierre Foucher. — Victor Hugo intime. — Premiers discours à la Chambre des pairs. — Sainte-Beuve et M. Jules Simon. — ECRIT EN 1846. — Un faux en écriture...' poétique. — Le marquis du G. d'E... — Les parents maternels de Victor Hugo. — • Noble homme. — Jean-François Trébuchet. — Dame Renée-Louise Le Normand du Buisson.

Si Victor Hut>-o avait tant désiré la pairie, ce n'était pas seulement pour ajouter un nouveau titre à son titre de vicomte ; c'était pour avoir une tribune et pour devenir ministre. Théodore Pavie écrivait à son frère, dans les derniers jours d'avril i845 :

Hier, Mme IIuço est venue nous voir avec sa fille. C'est délicat de la part d'une pairesse. On dit que Hugo demande l'ambassade d'Espac;'ne ! Ce qu'il y a de sur, c'est qu'il a le ferme espoir de devenir ministre mi jour: qui vivra verra 'I

Un nouveau deuil vint frapper le poète presque au lendemain de son élévation à la pairie. Il perdit son beaupère, M. Pierre Foucher, le 26 mai i84o. Chef du .service de la justice militaire sous la Restauration, INI. Foucher avait pris sa retraite en 1828 et avait été remplacé dans ses fonctions par INI. de Musset-Pathay, le père d'Alfred de Musset. C'était un homme d'esprit, très lettré

1 . Cartons de Victor Pavie : correspondance de Théodore Pavie. ir. 6

et très religieux. « J'ai ouï dire, écrivait Sainte-Beuve à Victor Pavie, que sa principale ambition désormais serait d'être marguillier à Fourqucux '. » Quand il mourut, il voulut, par humilité, cpion n'envoyât de faire part à personne ^. A l'occasion de la mort de son père, Mn'^ Victor Hugo écrivit à Victor Pavie cette lettre touchante :

y juin (i845)

Mon cher Monsieur, votre lettre m'a fait du l)ien. Quand l'âme souffre, elle est susceptible; la vôtre a si bien compris la mienne que le soulagement m'est arrivé, car vous savez ce qu'il faut dire. Mon père est mort comme il avait vécu, en sage et en chrétien, entouré de ses enfants. J'ai eu sa dernière étreinte qui était son adieu, si ce mot d'adieu peut servir là où ceux qui vont dans un autre monde vivent plus que jamais en nous. Je n'ai pas eu de désespoir, ainsi que dans ma première épreuve, mais un grand abattement de découragement, la seconde phase de ces sortes de souffrances. Mon boulet s'est alourdi, ce que Je ne croyais pas possible. En traînant ce boulet, il faut lever les yeux en haut ; c'est ce que je m'efforce de faire.

Les nouvelles que vous me donnez me disent que ^'ous avez eu des inquiétudes sur la santé de vos enfants, mais vous en êtes tiré et je m'en réjouis avec vous, car vos peines sont les miennes, de même que vos joies; le temps ne fait qu'accroître l'amitié que je vous ai vouée ; cette amitié s'est doublée avec votre fennne si digne d'être la vôtre, et vous êtes bien vraiment mes frères, comme l'entendaient les saints apôtres.

Mes enfants vont bien ; mon mari vous serre la main, Monsieur et rber ami.

La vicomtesse Victor Hugo ^.

Mon hoiiJel s'est alourdi, ce que je ne croyais pas

\. Lettre du 17 septembre 183G. — Cartons de Victor l'avie : correspondance de Sainte-Beuve.

2. Victor Pavie, sa jeunesse, ses relations littéraires, p. 181. — M. Altred Asselino a reproduit, dans Victor Huf/o intime, de nombreuses lettres et d'intéressants fragments des Souvenirs de M. Pieire Foucher.

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