Cartons de Victor Pavie
jtossihiç... Et cependant il allait s'alourdir encore. Moins de trois mois après l'ordonnance cla i3 avril, un bruit se répandait soudain, l»!'g'er d'abord, « rasant le sol comme hirondelle avant l'orag'e, » puis s'enflant, g-rossissant d'heure en heure et remplissant bientôt la cour, la ville, la France entière. Il n'était question de rien moins que de convoquer la Chambre des pairs, alors hors session, de la former en cour de justice, aux termes de Tarticle 2() de la (Charte, pour jug-er l'un de ses membres, le plus célèbre de tous, Victor Hugo lui-même.
C'était la mode, en ce temps-là, de tirer sur le roi. Il ne s'ag"issait pourtant de rien de semblable, mais d'un attentat d'un autre g"enre, de la nature de ceux qui se dénouent d'habitude devant la 6'' chambre. Force m'est bien de rappeler un fait dont tous les journaux ont retenti, et qui fut, à son heure, un événement. Et puis, pourquoi serais-je, en cette circonstance, plus royaliste que le roi? Le roi, ici, c'est Victor Hug-o, qui, loin de roug-ir de l'aventure dont il était le héros, en riait volontiers et aimait à en faire le récit entre hommes, «au fumoir, quand les femmes sont au salon l ». Il estimait qu' Olympio valait bien Jupiter et pouvait dire, comme lui, du haut de l'empirée;
Mon nom, qu'incessamment toute la terre adore,
Efface ici les" bruits qui pouvaient éclater- Un partage avec Jupiter N'a rien du tout qui déslionoro;
Et sans doute il ne peut être que glorieux
De se voir le rival du souverain des Dieux '.
Cette aventure, est-ce qu'elle n'est pas racontée tout au long- dans un ouvrage publié au lendemain de la
•1. Les Confessions de Arsène Houssat/e, t. I, pp. 202 et suiv., 1885. — Le chapitre est intitulé : Histoire de M. Apollo et de Jli"^ Aphrodila.