Ibid
Misérables, et ({ui n'a été terminé^ comme eux, que lonylciups après la révolution de Février. Je veux parler (lu Paj)e, publié en 1878.
En 1846, Victor Hu2;'0 rendait hautement justice à la grandeur morale et aux bienfaits de la Papauté. Il disait dans son discours sur la question polonaise ;
Au moyen-àge, Rome était un État de quatrième rang-, mais une puissance de premier ordre. Pourquoi? C'est que Rome .s'appuyait sur la religion des peuples, sur une chose d'où fontes /es cir il isat ions découlent...
Auj()urd'l)ui la France a hérité d'une partie de la puissance spirituelle de Rome; la France a, dans les choses de la civilisation, l'autorité que Rome avait et a encore dans les choses de la religion.
Ne vous étonnez pas, Messieurs, de m'entendre mêler ces mots : civilisation et religion; la civilisation, c'est la religion appliquée '.
Victor Hug-o prononçait ces paroles le 19 mars 1846. Moins de deux mois après, le 16 juin, Pie IXremplaçait Grégoire XVI sur le trône pontifical. Voici comment le poète, dans une conversation avec M. Guizot, appréciait le nouveau pape et l'autorité dont il était investi :
Si Pie IX veut, il sera le souverain le plus puissant de l'Europe. On ne sait pas ce que peut être un pape. Un pape qui marcherait avec son temps devrait dominer et pourrait soulever le monde. lia un levier si énorme, — la foi, la conscience, l'esprit 1 Toutes les âmes sont des mines toujours chargées pour l'étincelle qui jaillirait d'un pareil pape. Quel incendie, s'il lui plaît! quel rayonnement, s'il le veut -1
Lorsque s'ouvrit l'année 1848, Victor Hugo était parmi les plus ardents admirateurs de Pie IX, Le i3 janvier,
\. Moniteur du 20 mars 1846.