Le Rhin, lettre XXY
(jui s'apprête*; » qu'elles sont empruntées à des lettres écrites « au hasard de la plume », et qu'elles n'ont sul)i aucune retouche, vous demanderiez peut-être à voir le timbre de la poste : demande indiscrète qui tournerait à votre confusion. Victor Hugo, enefFet, ne se borne pas, dans la préface de ses Lettres sur le Rhin, à déclarer « qu'elles ont été écrites sans livres, et que les faits historiques qu'elles contiennent sont cités de mémoire » ; il ajoute : « On pourrait au besoin montrer aux curieux toutes les pièces de ce journal d'un voyageur, aut/ientiquen^eiit timbrées et datées par la poste. » Oui, toutes, même la lettre XXV où j'ai compté G2 dates, et quelles dates! escortées de 460 noms propres, et quels noms propres ! Je sais bien que nous ne sommes plus au temps où il suffisait, pour arrêter Boileau, de quatre ou cinq noms hérissés de consonnes :
Zutphen, Wagciiiuglien, Ilarderwic, Knotzenbourg ^.
J avoue cependant que citer ainsi de mémoire, le soir d'un jour de marche, 4Go noms aux syllabes bizarres, ne me semble pas chose naturelle; et sans vouloir chercher à l'auteur du R/iin une querelle d'Allemand, je serais violemment tenté de croire, — si le timbre de la poste n'était pas là, — qu'il en a ajouté quelques-uns sur ses épreuves... après la lettre.
Rien déplus suspect, en effet, que l'érudition de Victor Hut;o; et c'est peut-être ici le lieu de placer l'anecdote suivante, que racontait TourguénefF, le célèbre romancier russe :
Lnc fois, que j'étais chez Uii, nous causâmes de la poésie