P<evue de Paris j t. XXII, p
Plusieurs mois, il est vrai, se passèrent pendant lesquels Victor Hug"o maintint son refus. Il le maintint comme les auteursde Louis XI^^îV Antony ^à! un Changement de ministère maintinrent le leur, parce que la situation de la Comédie-Française, au lieu de s'améliorer, allait s'empirant de semaine en semaine. Les ag'itations du mois d'août avaient continué en s'aggravant. Au 17 et au 18 octobre, l'émeute avait été maîtresse du pavé pendant quarante-huit heures, et il s'en était fallu de peu que la populace ne pénétrât dans le Palais-Royal, encore habité par Louis-Philippe. Au mois de décembre, le procès des ministres donna lieu, pendant plusieurs jours, à des désordres qui jetèrent dans la ville une véritable panique. On devine sans peine ce que devenaient, au milieu de ces troubles incessants, les recettes de la Comédie- Française, et si elles étaient de nature à faire sortir Mario n de Lorme du portefeuille de Victor Hug-o. J'en suis fâché pour la Cour de Paris, mais le poète s'est moqué d'elle lorsqu'il a osé dire, dans l'audience du 5 décembre 1887, qu'en se refusant à faire jouer son drame à ce moment, il avait renoncé à une occasion superbe de faire de l'argent!
Hélas ! le Théâtre-Français faisait si peu d'arg-ent qu'il songeait à fermer ses portes.
J'extrais de la Revue de Paris les notes suivantes :
5 janvier iS3i, — On répand le bruit que, vers le i5 février, les comédiens sociétaires se décideraient, par nécessité, à la dissolution de leur société et en viendraient à fermer le théâtre. Quant à leur liquidation, leur intention formelle est, dit-on, d'assigTier le ministre de Pintérieur, pour qu'il ait à payer leurs dettes; c'est sur une ordonnance datée de Tempire et si^ée