‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 11 sur 151 · l4iuis XI ne fut joué que le 11 février · texte numérisé non relu

l4iuis XI ne fut joué que le 11 février

Montalivet, qu'ils fondent aujourd'hui leurs réclamations auprès de M. Montalivet fils.

i5 janvier, — La Comédie-Française, dont la subvention ne fait que prolong-er l'inutile agonie, ne peut songer à aucune étude, préoccupée qu'elle est de sa ruine prochaine et de tous ses embarras du moment.

25 janvier, — La Comédie-Française est toujours dans la plus profonde détresse. Beaucoup de projets ont été depuis peu de temps proposés, discutés et examinés; ce qu'il y a eu de plus arrêté, c'est la dissolution de la société. Tous les sociétaires y consentaient; mais Mïle Leverd seule a refusé,

i5 février, — Mlle Mars a donné, cette semaine, sa démission *.

Le Courrier des Théâtres^ de Charles Maurice, disait

de son côté :

10 février i83i. — On annonce que les auteurs d'un drame reçu à la Comédie-Française, sous le titre &a Ministère anglais ^ viennent de le retirer pour le porter à l'Odéon. Le moment de ce retrait ne nous semble pas choisi avec cette générosité qui caractérise ordinairement les gens de lettres.

iZ février. — Depuis sept mois, les sociétaires n'ont rien touché.

17 février, — La Comédie-Française est abonnée depuis sept mois à perdre 1000 francs par jour.

2Z février, — On dit que le père d^Antonr/ se refuse à ce que son enfant risque ses premiers pas avant que le sort de sa nourrice, la Comédie-Française, soit décidé. Trait de générosité.

2S février, — De nouveau, le bruit court que la Comédie- Française va fermer ses portes. Dans le fait, à quoi bon poursuivre des représentations qui ne couvrent pas le sixième des frais qu'elles nécessitent 2?

Ici prend place un épisode de la vie de Victor Hugo,

1. Revue de Paris, t. XXII, pp. 128, 196. 316; t. XXllI, p. 140.

2. Le Courrier des théâtres, rédigé par Charles Maurice et une société de gens de lettres. En tête, une vignette représentant un poslillon à cheval, et cette devise : Celeriiatc viget.

dont n'a parlé aucun de ses biographes. Charles Maurice écrivait, le 2.3 février i83i :

On fait courir le bruit que Tauteur de Henri III et sa cour et celui cVIIernani proposent de prendre la Comcdie-Française à leurs risques et périls et sans recevoir de subvention. C'est trop beau.

Et le 25 février :

II se confirme que MM. Victor Hugo et Alexandre Dumas prendraient volontiers la direction de la Comédie-Française sans dot ou sans subvention, ce qui est la même chose *.

Le fait était exact, sauf que Victor Hug*o et Alexandre Dumas n'entendaient point épouser sans dot. La Bévue de Paris confirmait et modifiait en ces termes, dans sa livraison du 25 février, la nouvelle donnée par le Cour~ rier des Théâtres :

MM. Victor Hugo et Alexandre Dumas ont présenté cette semaine à la Commission du Théâtre-Français un projet, pour l'exploitation, à leurs risques et périls, du théâtre de la rue Richelieu. Ce projet ne réclame du gouvernement aucune subvention. Mais ces messieurs, en s'engageant à jouer, une fois par semaine, l'ancien répertoire de Voltaire et de Racine, demandent seulement que l'autorité leur assure chacune de ces représentations à 2.000 francs. Ce serait donc cinquante-quatre représentations par an à 2.000 francs, total 108.000 fr. Pour peu que le drame représente des bénéfices proportionnels les autres jours de la semaine, l'association prospérera 2.

Victor Hugo s'engageant à jouer, au moins une fois par semaine, les tragédies de Racme, qu'il tenait cependant pour un piètre écrivain, étranger à la connaissance des règles les plus élémentaires de la grammaire 3, le fait ne

i. Le Courrier des théâtres.

Page 1