Récit du témoin
2. Récit de M. Théodore Pavie, dans Victor Pavie, sa jexine$s€, ses relations littérairesy^, 148.
Quand chacun, tout fini, s'en alla de son bord, Oh ! dites ! du cercueil de cette jeune femme, Ou du sentiment mort abimé dans notre âme.
Lequel était plus mort * ?
Sainte-Beuve, Gustave Planche, Désiré Nisard, les trois critiques dont le nom faisait alors autorité, après avoir été favorables à Victor Hugo, lui étaient tous les trois devenus hostiles. Il avait, il est vrai, pour lui maintenant Jules Janin et Granier de Gassagnac, mais le gain ne compensait pas la perte. Jules Janin, en dehors du théâtre, ne comptait guère. Granier de Gassagnac avait conquis très vite un assez bon rang, sans pourtant que son nom fût encore accepté du grand public. Il en était de lui, à cette date, comme de ces officiers dans une arme spéciale, savante, très apprécies de ceux qui sont de la partie, mais peu connus en dehors de ce cercle restreint. Rien n'égalait d'ailleurs Tardeur de son zèle pour la gloire du maître, la ferveur de son culte. Bien des années plus tard, il a pu dire, dans ses Souvenirs : « Je pris place, tout des premiers, avec Théophile Gautier, avec Gérard de Nerval, avec Edouard Ourliac, dans Tardent apostolat qui propageait la doctrine et défendait Tœuvre du maître... Je fus, dans la campagne ouverte par Théophile Gautier, l'apôtre le plus militant de la doctrine nouvelle; et, si ce n'était pas manquer de respect aux choses saintes, je dirais que, dans la propagande romantique, Théophile Gautier porta la clef de saint Pierre, et moi Tépée de saint Paul *. »
1. Cette pièce parut d'abord, sans titre, dans les Pem^éex d'août (octobre 1837). Dans l'édition définitive de ses Poésies, publiée en ^862, Sainte-Beuve lui donna ce titre : En revenant du convoi de Gabrielle, et la fit précéder de cette note : « Gabrielle Dorval, fille de la célèbre actrice de ce nom... A son convoi, je me trouvai avec V. H. dans la même voiture. »