Journal des Débats, 7 novembre
230 VIGTOfl HUGO APRES 1830
Védel à payer au poète 6.000 francs, à titre de dommag'cs-intérùts, et ordonna qu'il serait tenu, en sa qualité de directeur de la Comédie-Française, de représenter Ilernani dans le délai de deux mois, de représenter Marion de Lorme dans le délai de trois mois ; et, dans le délai de cinq mois, de compléter les quinze représentations à'Angelo, sous peine de payer i5o francs par chaque jour de retard *.
A quelques jours de là, le 28 novembre, Victor Hug-o écrit à Victor Pavie :
Vous avez bien raison de penser toujours un peu à vos amis de la place Royale. Vous êtes aimés ici, — aimés, entendezvous f — et du fond du cœur. Vous savez, mon cher Pavie, que les vieilles amitiés sont une religion pour moi.
Et puis, quel ami est meilleur que vous ? Nous disons cela bien souvent, les soirs d'hiver, ma femme et moi, en songeant à tant de faux visages qui nous ont trahis. C'est une bonne et noble chose qu'un ami comme vous I
Je suis ici dans les ennuis, dans les procès, dans les avocats, dans les tracas de tout genre. Les journaux vous diront un peu tout cela. Ce qu'ils ne vous diront pas, c'est que ma pensée est bien souvent près de vous à travers tout ce tourbillon.
David vous a donc donné mon buste. J'en félicite mon buste, il va assister désormais à vos causeries d'amitié et de famille.
Je l'envie.
Au milieu de ce tumulte dont mes ennemis remplissent ma vie, je me suis muré un petit sanctuaire où je regarde sans cesse. C'est là que sont ma femme et mes enfants, le côté doux et heureux de ma destinée.
Venez donc nous voir cet hiver. Venez avec Théodore. Venez avec votre excellent père, je ne dis pas venez avec votre femme, car il me semble que quand c'est à vous que je parle, venez dit tout.
Nous sommes tous à vous tous.
Victor *.