Voy., ci-dessus, chapitre VIL
Rarement solennité littéraire avait excité dans le public un intérêt aussi vif. Outre la première représentation de Ruy Blas, il y avait la première représentation de la salle; il y avait de plus Frederick qui, disaiton, devait se montrer dans son nouveau rôle plus grand comédien que jamais. Toutes les notabilités de la politique et des lettres s étaient donné rendez-vous à la salle Ventadour; on remarquait, dans une loge d'avantscène, le duc d'Orléans et le duc de Nemours*.
La soirée fut très belle. Le quatrième acte déconcerta un instant les spectateurs et faillit compromettre le succès; mais, au cinquième acte, Frederick Lemaître déploya un si prodigieux talent, il fut si mélancolique et si passionné, si touchant et si terrible, que la pièce se termina au milieu d'applaudissements enthousiastes 2.
« Le succès du drame, est-il dit dans Victor Hugo raconté, ne fut rien à côté de celui de Topéra-comique, qu'on joua le lendemain. UEau merveilleuse réussit frénétiquement^. »
Le théâtre de la Renaissance avait été, en effet, autorisé à joindre une troupe d'opéra-comique à sa troupe de drame, de comédie et de vaudeville. Mais il ne joua point VEau merveilleuse le lendemain de la première représentation de Ruy Blas, Le i5 novembre, sept jours après la première représentation de Ruy Blas, alors que le drame de Victor Hugo avait déjà eu quatre représentations , la Renaissance donna un spectacle composé à! Olivier Basselin, chronique normande en un