‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 141 sur 151 · Revue des Deux-Mondes, 15 juin · texte numérisé non relu

Revue des Deux-Mondes, 15 juin

2. La Presse du 6 juin 1841. — Lettres parisiennes, pai M""> Emile de Girardin, t. III, p. 212.

3. Réponse de M. de Salvandy, directeur de P Académie fran* çaise, au discours de M, Victor Hugo, p. 5,

fl

•alvandy avait rendu pleine justice aux œuvres de Vieor Hug"o et à son génie, célébrant tour à tour en lui le ►oète lyrique, le romancier et le dramaturge ; parlant de es odes avec enthousiasme *, de Notre-Dame de Paris vec admiration *, de ses drames eux-mêmes avec loge 3.

Qu'à ces louanges il eût mêlé quelques réserves, qu'il îût porté sur la Convention un jugement qui ne conîorde pas en tous points avec celui de Victor Hugo, ju'enfin il eût conseillé au poète de ne pas sacrifier les lettres à la politique ; qu'il lui eût dit : « Poète, cette grande mémoire de Malesherbes n'est pas votre étoile conductrice. Les modèles que les lettres vous demandent d 'accepter, à ce jour solennel où elles vous couronnent, c'est Corneille, c'est Shakespeare, c'est Dante ; ce sont tous les maîtres de l'art, sous quelque ciel et sous quelque règle qu'ils aient vécu... Sachez gré aux lettres de se montrer avares et jalouses, de vouloir garder tout entiers ceux qui les honorent *; ))où était le crime en tout cela, où Y injure et la cruauté ? Et pourtant M. de Salvandy avait commis un crime, en effet, un crime abominable. Il s'était fait applaudir à côté de Victor Hugo et plus que lui. Gela criait vengeance: soyez-en sûrs, la vengeance viendra...

Dix ans se sont écoulés ; depuis la révolution de Février, M. de Salvandy vit dans la retraite, il est malade, il est pauvre. En i85i, un décret du président de la République accorde une pension de 6.000 francs à l'ancien ambassadeur de France à Madrid et à Turin, à

d. Réponse de M. de Salvandy y p. 21.

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