‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 16 sur 151 · Hôle de M, de Bellegarde · texte numérisé non relu

Hôle de M, de Bellegarde

point de talent. Serres* a perdu le sien et le vieux Oranger* est détestable; la province n'a rien de pis. Mme Dorval est remarquable dans le rôle de Marion de Lorme. Plusieurs fois ses élans et le mérite de sa composition ont valu d'innombrables bravos à la pièce qui commençait à en chômer. A la fin, cette actrice est complète. Nous ne parlons pas de Mme Caumont^, au-dessous des quatre mots qu'elle a à dire. Hier, la salle était pleine, et le succès a été encore plus vif. Voilà encore ce théâtre à la mode *.

Bien qu'il fût, à cette date, le premier lieutenant de Victor Hugo, Sainte-Beuve n'aimait point ses drames; volontiers sur ce point mettait-il une sourdine à son enthousiasme. Il écrivait, le 28 août, à Victor Pavie :

... On a donné Marion ; la première représentation a été lourde, trop longue, cela n'a fini qu'à une heure du matin. Le public nombreux et non malveillant était fatigué, et les jugements, qui tous s'accordaient sur le talent, n'accueillaient pas l'ensemble de l'ouvrage. Le lendemain, de nombreuses coupures, qui ont remis la fin de la pièce à onze heures et demie, l'ont fait aller plus vigoureusement. Le public s'est montré fort bon et disposé à écouter tout. Je dois dire que, bien qu'Hugo en paraisse enchanté, je l'ai trouvé, ce public, un peu froid. En somme, c'est un succès, mais moindre ({vCHernani, Les journaux ont été sévères. Janin a fait un article pour dans les Débats, et Hugo l'est allé remercier^.

M"*® Hugo écrivait, de son côté, à Victor Pavie :

Vous avez lu le succès de Marion de Lorme; cela va bien comme argent et le public est des meilleurs : tout cela ne ressemble pas à Hernani ; vous verrez cela quand vous viendrez. Ma santé est bien mauvaise depuis votre départ; je suis encore bien maigre et mes alentours commencent à s'inquiéter un peu, et je suis sûre que, dans votre bonté pour moi, vous en

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