‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 22 sur 151 · Correspondance de Lamartine, t. IV, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Lamartine, t. IV, p

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r)2 VICTOR HUGO APRÈS 1830

beaucoup pour faire rougir la partie écrivante et agissante des journaux et des cafés. Je ne puis résister à un désir si vivement et si saintement témoigné, et je l'autorise... Il faut bien parler puisque tout le monde se tait ; mais j'aurais voulu qu'un libéral fit le morceau. Quant au péril, je pense en prose ce que je leur dis en vers. La vie n'est pas si douce qu'elle vaille un peu de couardise, et, quand viendra le jour des guillotines, on ne nous demandera pas : Qu'as-tu pensé? Qu'as-tu dit? mais : Qui es-tu *?

Lamartine a parlé. Victor Hugo va parler à son tour. N'est-il pas Tauteur du Dernier Jour d*un condamné j cet éloquent plaidoyer contre la peine de mort ? Lui qui ne veut pas que l'on dresse Téchafaud, môme pour l'assassin, même pour le parricide, ne se doit-il pas à luimême de protester avec indignation contre ceux qui veulent relever Téchafaud politique ? — Non. Il ne dira rien, il ne joindra pas sa voix à celle de Lamartine. Comment le pourrait-il faire ? Est-ce que le peuple ne crie pas dans les rues : Mort aux ministres ? Est-ce que Témeute ne rugit pas autour de leur prison? Est-ce qu'ils n'ont pas contre eux la partie écrivante et agissante des journaux et des cafés ? Demandez à Victor Hugo d'écrire une ode superbe, un roman passionné, un drame puissant; demandez-lui de faire un chef-d'œuvre, — il le fera. Mais ne lui demandez pas de résister au vent qui souffle, à l'opinion qui domine ; cela, il ne le peut pas *.

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