Correspondance de Lamartine, t. IV, p
2. On lit au tome II de Victor Hugo raconté, p. 194 : « Depuis trente-trois ans, — c'est-à-dire depuis 1829. — M. Victor Hugo n*a jamais rencontré sur son chemin un échafaud ni un gibet sans affirmer le principe de rinviolabilitê de la vie humaine. » Non seulement Victor Hugo n'a pas affirmé ce principe, au mois d'octobre 1830, mais à peu de temps de là, au mois de mars 1832, publiant une nouvelle édition du Dernier jour d'un condamné, il n'a pas hésité à déverser le ridicule sur les honnêtes gens qui s'étaient permis de demander l'abolition de la peine de mort « à propos de quatre ministres tombés des Tuileries à Vincennes •,
l^Rien n'était plus populaire en ce temps-là que le napoléonisme. L' « Idole », ce n était pas le roi Louis- Philippe ni môme le g-énéral La Fayette, c'était l'empereuiull suffisait que son nom fût sur une affiche pour conjurer la faillite d'un théâtre. La foule ne se pouvait lasser de voir le petit chapeau, de revoir la reding-ote grise"] On donnait à la Porte-Saint-Martin Schœnbrunn et Sainte-Hélène ; à la Gaîté, la Malmaison et Sainte- Hélène, et Napoléon en Paradis; aux Nouveautés, Bonaparte à Brienne et le Fils de l'homme; au Vaudeville, Bonaparte lieutenant d'artillerie ; aux Variétés, Napoléon à Berlin. L'Odéon jouait Napoléon, ou trente ans de l'Histoire de France ; et le Théâtre du Luxembourg Quatorze ans de la vie de Napoléon, ou Berlin, Posldam, Paris, Waterloo et Sainte-Hélène, Au Cirque^ Napoléon ne quittait jamais Taffiche, et la série, commencée avec le Passage du mont Saint-Bernard, se continuait avec VEmpereur, VHomme du Siècle, la Bépublique, V Empire et les Cent Jours ^
On avait fait une révolution aux cris de Vive la liberté ! Vive la Charte I et il semblait que cette révolution n^eût été faite que pour restaurer le culte du despote qui s'était joué de toutes les lois, qui avait enchaîné toutes les libertés. Cette contradiction révoltait Lamartine ; elle n'était pas pour choquer Victor Hugo^La foule adorait Napoléon, il suivait la foule. Il chantait l'empereur avec un enthousiasme . qui allait presque jusqu'au
alors qu'elle aurait dû être demandée, d'après lui, dans un cas seulement, o à propos du premier voleur de grands chemins venu ! »