Théodore Muret, V Histoire par le théâtre, U III, ch. i
délire. Il écrivait VOde à la colonne S Souvenir d'enfance \ VOde à Napoléon Il£j
Mil iiuit cent onze î — temps où des peuples sans nombre Attendaient prosternés sous un nuage sombre
Que le Ciel eût dit oui !
Sentaient trembler sous eux les Etats centenaires, Et regardaient le Louvre entouré de tonnerres
Comme un mont Sinaï !
A Tépoque où Victor Hugo écrivait ces vers, le parti bonapartiste faisait très bon ménage avec le parti républicain ; il fallait même y regarder de très près pour les distinguer l'un de Tautre, si bien que dans une brochure qui fit alors grand bruit, Seize mois ou la Révolution et les révolutionnaires, M. de Salvandy pouvait dire : « Ce parti qu'on appelle tantôt bonapartiste, tantôt républicain... » Armand Garrel,dans le National, se « faisait ffloire d'être de l'école de Napoléon *• », et le proclamait « le grand esprit dont les traditions ont inspiré le peu de bien qui s'est fait depuis quinze ans ». Une autre feuille républicaine, la Révolution, demandait « l'appel au peuple » et déclarait que Napoléon II serait seul capable de donner les « institutions républicaines » promises dans le prétendu programme de l'Hôtel de Ville. A Paris tout au moins, — et Paris, pour Victor Hugo, était déjà la Ville-Lumière y la seule dont l'opinion comptât, — ces idées mi-partie bonapartistes, mi-partie républicaines, ga^-naient chaque jour du terrain. Ceux qui les professaient étaient presque toujours assurés de la complicité du iury, dans lequel les journaux mômes du centre gauche et à leur tête le Constitutionnel, déclaraient voir
i. Octobre 1830.
2 Novembre 1830.