Août
4 Le Salional du 8 mars 1832.
LE ROI S'AMUSE t!5
« le pays luî-môme * ». Dans les premiers mois du ministère Périer, sur cinq poursuites pour complot ou émeutes, il n'y eut pas une condamnation. La Société des Amis du peuple, cinq ou six fois poursuivie, sortait de ces procès toujours indemne. Les articles de journaux les plus factieux, les plus outrag^eants pour le roi, demeuraient impunis. Le National, entre autres, n'était presque jamais frappé^. Sans doute, Casimir Périer déployait, au service /de Tordre menacé, de la société en péril, un talent, une ardeur, une énerg-ie admirables. Mais il se consumait à cette tâche. Dès les premiers mois de 1882, le déclin de ses forces était visible. Ses ennemis surtout ne s'y trompaient pas et escomptaient déjà l'échéance de sa mort prochaine. Entre ce ministre qui défend l'ordre légal et une sag-e liberté, mais qui est impopulaire et qui va mourir, et un parti jeune, audacieux, implacable pour ses adversaires, en môme temps qu'il mène g-rand bruit autour de ceux qui le servent, Victor Hugo n'hésite pas, il se déclare républicain. Le i5 mars 1882, il publie cette profession de foi :
L'édifice social du passé reposait sur trois colonnes : le prêtre, le roi, le bourreau. Il y a déjà longtemps qu'une voix a dit : Les dieux s'en vont! Dernièrement, une autre voix s'est élevée et a crié : Les rois s'en vont! Il est temps maintenant qu'une troisième voix s'élève et dise : Le bourreau s'en va !
Ainsi l'ancienne société sera tombée pierre à pierre; ainsi la Providence aura complété l'écroulement du passé.
A ceux qui ont regretté les dieux, on a pu dire : Dieu reste. A ceux qui regrettent les rois, on peut dire : la patrie reste ^.
Après les événements de juin 1882, à la suite de l'insurrection, Paris fut mis en -état de siège. Il fut question,