Lettres de Victor Hugo aux Bertin
brp. En voici le diilail, coj^ii sur le bordereau j ou r- •r du tlu-aire :
1 2 priTuicres Iv^i^n à 6 fr jz »
35 jiai-tcrres à 2 f r jo »
12 (Icuxif-mes scieries A i fr. [lo i8 »
67 loifrsjoufnoliiTes {prix divers),.. ig^O »
SiippWmiJnls 18 90
Hillrts de caisse 1 5o
l'!\f!a d'ai^nt i n
33 stalles de balcon i 7 Ir , aSi j>
38 stalles d'orchcslreA 7 fr a06 n
82 stalles de ire galerie â 5 f r 410 »
Total 3o38 4o''
ne fut donc d<;livr<i au bureau que 35 billets de pari et la billets de deuxième galerie. Pour l'orchestre, ■alcrics et secondes, les .secondes et les troisièmes loonfit mieux encore; tout«.sios places, sans exception, at données aux amis de l'auteur. Dès quatre heures, talent à leur poste, sous la conduite de leurs cbcfs, stin Nanteuîl, Acliillo povérîa, Théophile Gautier, n Duseigncur et Piitrus Borel, le Ijcantlirope. Chaavaitapportésondiner, etbientdtà l'odeur des pipes is cigares se mfiliirent les parfums du fromage et du Isson à l'ail. Quand, à six heures un quart, entrèrent •ayants, ïesphilistinSf les académiciens, ils se sent prisàia g^rge par ces odeurs acres et répugnantes, dames en grande toilette respirèrent leurs flacons iences, pendant qu'à côté d'elles, au balcon et dans âges, leurs voisins braquaient leurs lorgnons sur les ■.ingots en bérets et en casquettes rouges, sur les le-France à la longue chevelure etàla barbe pointue.
Archives de la ComËdîe-Française.
Si cliscrète qu'elle fût, cette petite manifestation aristocratique devint le signal d'un horrible tumulte. Étudiants et rapins, bousinyots et Jeune-France hurlèrent furieusement la Marseillaise et la Carmagnole, et c'est au bruit du Ça ira qu'à sept heures précises le rideau se leva sur une salle fiévreuse, violemment surexcitée, et, dans les deux camps, prête à la bataille.
« Au moment où Ton allait commencer , dit Victor Hugo raconté, la nouvelle se répandit dans le théâtre qu'un coup de pistolet venait d'être tiré sur le roi. Ce fut immédiatement la conversation de toute la salle, la toile se leva au milieu de la préoccupation générale, et le premier acte, médiocrement joué d'ailleurs, fut glacial. La scène de Saint- Vallier réchauffa un peu cette Sibérie^. »
Il faut croire qu'en ce temps-là les nouvelles restaient
bien longtemps à se répandre, puisque ce serait seulement le jeudi 22 novembre, à sept heures du soir, que l'on aurait appris au Théâtre-Français l'attentat commis sur la personnedu roi le lundi ig novembre, à deux heures dix minutes de Vaprès-midi, sur le Pont-Royal 2. Accusé d'être l'auteur de cet attentat, le citoyen Louis Bergeron, étudiant en droit, fut acquitté par le jury de la Seine 3. En tout cas, il est certainement innocent de l'accueil glacial fait au premier acte àxxRoi s'amuse,
La tirade de Saint-Vallier, admirablement dite par Joanny, avait été saluée d'applaudissements frénétiques. <i Vous vous en êtes donné \ Vous avez bien applaudi ! » criaient à ceux du parterre les gens des loges et des baignoires, qui s'apprêtaient à prendre leur revanche *.