‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 38 sur 151 · Victor Hitgo racoîité..., t. II, p · texte numérisé non relu

Victor Hitgo racoîité..., t. II, p

2. Jules Janiii venait de perdre sa tante, qui l'avait suivi à Paris et avdit été pour lui une seconde mère.

3. Une répétition générale, à- propos vaudeville en deux actes précédés d'un prologue, par Scribe, Desvergers et Varin, représenté pour la première fois, sur le théâtre du Gymnase^ le 16 février 1833.

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Mlle Flore remplissait le rôle de Tigresse, Le lendemain 23, c'était le tour de T Ambigu-Comique avec l'Ogresse Gorgia, gros cauchemar en cinq petites parties en vers, vaudeville précédé de la Queue du Diable, prologue en vile prose, et suivi du Couplet au public, épilogue.

Dans le drame, sur la façade du palais de M°»e Lucrèce, à Ferrare, au-dessous d'un grand écusson de pierre chargé d'armoiries, en grosses lettres saillantes 4e cuivre doré, se détache ce mot : BÛRÙIA, Gennaro monte sur un banc de pierre, et, avec son poignard, il fait sauter la première lettre, de façon qu'il ne reste plus que ce mot : ORGIA. Ce jeu de scène et ce jeu de mots ouvraient le champ aux parodistes, qui s j jetèrent à Tenvi. Dans la pièce du Gymnase, iï/or/>Ame est la femme d'un marchand de papiers peints. On lit, au-dessus delà porte de son magasin : Marchand de Bordures. Girardot arrache leB. Reste : Marchand de Ordures. Aux Variétés, Tigresse-Mort-aux-Rats est la femme d'un apothicaire. On voit écrit sur une enseigne : Au grand Salomon, Leduc y apothicaire. Cascaro monte sur une })orne, et, avec son couteau, il fait sauter les trois lettres : mon. Reste : Au grand Salo. Et tout le monde de rire ^.

En même temps que le succès de Lucrèce Borgia recevait la consécration de la parodie, il était attesté par un autre petit fait non moins significatif. M. Alexandre Piccini, chef d'orchestre du théâtre de la Porte-Saint- Martin, avait composé la musique qui accompagnait les couplets chantés au souper de la princesse Negroni. Il trouva un éditeur qui la lui paya 5oo francs. C'était la

i. Journal des Débats, 25 février 1833.

première fois que la musique d'un mélodrame obtenait les honneurs de la gravure*.

Merle, le feuilletoniste de la Quotidienne, à qui j'emprunte ce détail, en rapporte un autre, que je citerai également, le Témoin de Victor Hugo n'en ayant pas fait mention dans son chapitre sur Lucrèce Borgia.

Le duc d'Orléans et son frère le duc de Nemours assistaient à la cinquième représentation. Au second acte, dona Lucrezia demande à don Alphonse la grâce de Gennaro. « Mais enfin, dit-elle, vous n'avez pas de raison pour vouloir la mort de cet homme ? — Et la parole que je vous ai donnée ? réplique don Alphonse. Le serment d'un roi est sacré. — Ah î s'écrie Lucrèce, cela est bon à dire au peuple 2. » Des applaudissements trois fois répétés provoquèrent le départ presque subit des deux princes 5.

Victor Hugo venait de prendre avec éclat sa revanche du Roi s'amuse. Lucrèce Borgia est, de toutes ses pièces, la mieux faite, la plus habilement construite. Point de hors-d 'œuvre, point d'incidents oiseux, d'épisodes inutiles. De la première scène à la dernière, tout court et se précipite au dénouement, sans un seul temps d'arrôt, sans que jamais l'action faiblisse ou revienne sur ellemême. Pour sinistre qu'elle soit, l'action est simple, elle est une, et à ce point de vue le drame de Victor Hugo se pourrait dire une œuvre classique. Classique, elle l'est encore par un autre côté. Gomme la famille des Atrides,

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