‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 41 sur 151 · Correspondance de Gœthe avec ZcUer · texte numérisé non relu

Correspondance de Gœthe avec ZcUer

3. La première représentation de la Tour de Nesle eut lieu, à la Porte-Saint-Martin, le 29 mai 1832.

hurlant là où ceux-ci n'avaient fait que crier, empoisonnant par masses là où ceux-ci s'étaient contentés d'empoisonnements individuels, mettant toute l'action dans le spectacle là où ceux-ci en avaient fait deux parts à peu près égales, imitant ou exagérant, deux choses dont l'une est la conséquence de l'autre 1. »

Ce qui appartient en propre à Victor Hugo, c'est cette antithèse perpétuelle de deux éléments contraires, dont i a déjà tant abusé et qui reparaîtra maintenant dans toutes ses œuvres. Il prend ici « la difformité morale la plus hideuse, la plus repoussante, la pluscomplète* », etdans ce monstre, dans Lucrèce Borgi a, il met une mère, comme il a mis un père dans cet être difforme et misérable. Triboulet, — un amant dans cet autre monstre, Quasimodo, — une vierge dans cette courtisane, Marion de Lorme. A se répéter ainsi, à donner pour base et pour support à ses romans et à ses pièces de théâtre la même thèse, — et la môme antithèse, — l'auteur s'exposait à être accusé de manquer d'invention, d'être dépourvu du génie créateur. Cette thèse n'avait-elle pas, de plus, le tort d'être contraire à la nature et à la vérité humaine, d'ôter au drame cette vraisemblance qui est la vérité dramatique? N'avaitelle pas enfin cela contre elle d'être immorale ? « La leçon, dit très bien M. Saint-Marc Girard in, la leçon qui sortait de la tragédie ancienne, telle que l'avait conçue Racine dans sa Phèdre, c'était l'idée qu'il ne fallait qu'une seule mauvaise passion pour perdre une âme; leçon austère et dure, qui fait trembler l'homme sur sa fragilité et qui lui inspire un scrupule et une surveillance perpétuelle ; leçon digne d'un siècle chrétien et digne d'un élève de Port-

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