Victor HugOf par Paul de Saint-Victor, p
ne duchesse, qui était une perle en ce monde, fit aux
nçais merveilleux accueil, et, tous les jours, leur faifestins et banquels, à la mode d'Italie, tant beaux merveille. Bien ose dire que, de son temps ne devant,
l'est point trouvée de plus triomphante princesse, car étaitbelle, bonne, doulceetcourtoiseàtoulesçens; et n'est plus sûr que, quoique son mary fustun prince
fe et vaillant, ladite damcluy a rendu bonset e^rauds
ices par sa gracieuseté '. »
inquante ans s'étaient écoulés depuis la première relentation de Lucrèce Borgia, depuis cette soirée du mer iâ33 où, dans la salle du palais Negroni, dona rezia, montrant les cinq cercueils rangés devant la e, disait : « Voici le tien, Jeppo ; Maffio, voicile tien; ferno, Apostolo, Ascanio, voici les vôtres I » et où naro, s'avançant verselle, s'écriait ; « II en faut un ïme. Madame I » Le 1 3 mai i883 un cercueil sortit de laison de Victor Hugu et se dirigea vers le cimetière, i d'un long^ cortég-e, mais sans prêtres, sans « pénii blancs et noirs », sans psaumes et sans chants lise. C'était le cercueil de la princesse Negroni *.
Le loyal serviteur. Histoire du bon chevalier, le seigneur de ird, ch. ïuv.
Oq lit dans le Temps du lundi 14 mai 1S83 : • l«s obsèques es de M" Droiiet onl étiS cÈltbws eolle après-midi, au :». d'un importonl cortège de notabilités arliatiqucs ot jittés, Los amis du grand poÉte étaieni venus nombreux, tenant noigner par leur présence des regrets unanimes causés par ■rte de celle qui fut sa compagne dévouée pendant plus do uanle ans... Dans le grand salon du rez-do'chaussoe sa ;ent MM. Kock, nevau de la détunlo. M" Lockroy, te jcunu gcs Hugo, MM. Vacquerie, Paul Meurice, Lesclïde, qui receit les invités. Le grand poète, accablé par la douleur, a fini
Il me faut ici demander pardon au lecteur de lui parler de ces choses ; mais suis-je libre de ne pas le faire ? Victor Hug-o a eu de nombreux historiographes, dont quelques-uns sont de sa famille, dont les autres ont écrit sous sa dictée. Tous, — M. Alfred Asseline, M. Alfred BarboUjM. Gustave Rivet, M. Richard Lesclide, M. Charles Monselet, — ont parlé long-uement de Tactrice qui, sous le nom de M^^^ Juliette, a joué, dans Lucrèce Borgia, le rôle de la princesse Neg-roni ; de la femme qui, sous le nom de M™^Drouet,a été, pendant un demi-siècle, la compagne de Victor Hugo; qui, à partir de i833. Ta suivi dans tous ses voyages*, «qui fut la consolatrice et l'inspiratrice de son exil *, — « le porte-sceptre du grand homme, sa Béatrice inoubliable ^ », — « qui a toujours été chargée, dans la maison du Maître, du département des invitations * » . L'ami du premier degré à qui nous devons ce dernier renseignement ajoute, avec une émotion qu'il ne cherche pas à cacher : « Détail touchant : Philémon et Baucis avaient chacun son rond de serviette s. »
Un écrivain que je ne confonds pas avec M. Barbou et ses émules,. M. Jules Glaretie, de l'Académie française, écrivait, au lendemain de la mort de M'"*^ Drouet, que son nom était désormais inséparable de celui de Victor Hugo. « Elle demeurer a, disait-il , associée dans l'histoire littéraire
par consentir, sur les instances de ses anois, à ne pas suivre lo convoi de M™» Drouet, bien qu'il en eût manifesté vivement le désir... Le corlôge s'ébranle peu ù peu, suivi par une foule énorme. Pendant les préparatifs du convoi, Victor Hugo s'est tenu dans ses appartements, au premier éta^e. »
1. Propos de table de Victor Hugo, recueillis par Richard Lesclide. p. 432.