Journée II, scène ix
Marie Tudor, le machiniste, — c'est le poète que Je veux
^ij-e, renchérit encore sur la salle de Lucrèce Borgia :
« La salle est tendue de deuil d'une façon particulière : le mur de droite, le mur de gauche et le plafond d'un drap noir coupé d'une croix blanche; le fond, qui fait face au spectateur, d'un drap blanc avec une grande croixnoire. Cette tenture noire etcette tenture blanche se prolongent, chacune de leur côté, à perte de vue... A droite et à gauche, un autel tendu de noir et de blanc, décoré comme pour des funérailles. Gfands ciefges, pas de prêtres. Quelques rares lampes funèbres, pendues çà et là aux voûtes, éclairent faiblement la salle et les esca; liers. Ce qui éclaire réellement la salle, c'est k grand drap blanc du fond, à travers lequel passe Une lumière rougeâtre comme s'il y avait derrière une immense fournaise flamboyante. La salle est pavée de dalles tumijilaires*. » Au dénouement, la reine tire violemment le drap blanc du fond, qui, en s'écartant, laisse voir un balcon, et au delà de ce balcon, à perte de vue, dans une nuit noire, toute la ville de Londres splendidement illuminée 2.
Corneille, après avoir écrit Polyeucte, se contentait d'indiquer ainsi le décor : La scène est à Mélitène, capitale d'Arménie, dans le palais de Félix, Racine, après avoir écrit Phèdre, croyait {)Ouvoir se borner à cette phrase : La scène est à Trézène, ville du Péloponèse.
Et pourtant, faut-il l'avouer? j'ai la faiblesse de préférer Polyeùcte à Lucrèce Borgia et Phèdre à Marie Tudor. Voltaire raconte quelque part qu'un jour, à Londres, dans une pièce nouvelle, un chevalier tout armé entra à cheval sur le théâtre. Qaelcfil'un s'écria : « Ah !