journée III, 2« partie, scène ii
nCTOR EtUGO APRES 1830
)n y voit passer un homme à cheval ! »
ute ; « Ces ^cns-làne savent pas que 1 valent mieu.Y qu'un rég'iment de cava-
ice de Marie Tudor, Victor Hug^ dît >oser largement sur la scène, dans toute 1, ce formidable triangle qui apparaît si istoire: une reine, un favori, un bourtriangle, Alexandre Dumas l'avait dùjà 'sline, sur la scène de l'Odéon, dès le ien n'y manquait, ni la reine, Christine avori, Monaldeschi,nile bourreau, Sene Tudor, a dit avec raison M. Blazc de
autre chose qu'un rifacimento littt-ral I reproduction est mùme identique à ce îonnages se font vis à-vis : la reine d'Anine de Suéde, toutes deux les poings sur surant et s'affrontant ; Lady Jane rcg-ar-
Fabiano Fabîani tirant sa révérence à ît il se trouvait que, que, pour accenrapprochemenls, pour souligner davan-
les acteurs mûmes de l'Odéon allaient 3rte-Saint-Martin : Lockroy *, Delafosse,
c Bury, Alexandre Dumas, fa vie, son temps, t, (laDs Christ
llomcnt pressant à cet endroit que Delplijnfl
MARIE TUDOR i09
Chilly, M"® Georges, la reine de Marie Tudor, comme elle avait été la reine de CAr/s/me. N'était-il pas à craindre que Hug'O ne fût accusé d'avoir détrousse Dumas ? Il fallait parer le coup, ou mieux encore le prévenir. Ce soin fut confié à un jeune journaliste, alors à Tentière dévotion de Victor Hug'o, M. Adolphe Granier de Cas-
sagTiac.
Voici comment, dans son autobiographie, Fauteur de Marie Tudor raconte les circonstances à la suite desquelles il fut amené, en 1882, à faire entrer M. Granier de Gassagnac au Journal des Débats :
M. Granier de Cassagnac était de Toulouse, où il avait fait de bonnes études et où il avait été nommé professeur de littérature à la Faculté. Il vivait là, de son travail, faisant son cours deux fois par semaine, et employant le reste de son temps à la rédaction d'un journal libéral qu'il avait fondé, le Patriote, lorsqu'il avait reçu une lettre signée : Victor Hugo. . Ce qui avait étonné un peu le jeune professeur journaliste, c'est que la lettre lui demandait de répondre, non chez M.Victor Hugo, mais chez un ami dont elle donnait l'adresse... On lui écrivit un jour qu'il n'avait plus besoin de son journal ni de sa chaire, qu'on lui avait obtenu à Paris, au secrétariat du ministère de la justice, une place de 55oo francs... Alors il avait vendu son journal et donné sa démission, et s'était précipité vers la vraie patrie de la réputation. Aussitôt débarqué, il avait couru au ministère, où l'on s'était moqué de lui, et où il avait reconnu qu'il avait été dupe d'une longue mystification. M. Victor Hugo, qui lut quelques articles du Patriote et qui les trouva fort remarquables, ne voulut pas que son nom restât complice d'une perfidie faite à un homme de talent. Il donna à M. Granier de Cassagnac une lettre pour M Bertin. Un des rédacteurs du Journal des Débats, M. de Bourqueney, partait pour une ambassade, M. de Cassagnac le remplaça *.
Gav s'écria en rougissant : « Eh bien! Lockroy! Eh bien! » et tellement haut que la moitié de la salle l'enlendit. — LOdéon, par Paul Porel et Gcorgos Monval, t. II, p. 134. 1. Victor Uugoraconléy t. II, p. 372.
i!0 VICTOR HUGO APRÈS 1830
M. Granier de Cassagnac n'est point né à Toulouse, mais à porg-olle, (Jans le département du Gers. En i832, ij nVtait point professeur de littérature à la faculté des lettres de Toulouse. Il n'a jamais, à aucun moment ni à aucun titre, appartenu à l'Université. Le professeur de littérature à la faculté de Joulo^se, en 1882, était M. Cabantous. M. Granier de Cassagnac a donné seulement, pondant (juelque temps, à ses heures de loisir, des leçons de littérature aux élèves 4^ l'école Saint-Raymond, 4irigée par M.Germain Pech. Jl n'avait point fondé le Patriote^ journal qui (Jura trois mois et auquel, il se borna à donner cjuelques articles littéraires. Il collabora beaucoup plus activement au Journal de Toulouse et à la France méridionale, feuille ministérielle, où il faisait la revue des théâtres. A cette époque, d'ailleurs, il ne s'occupait guère de politique ; la litt;érature l'absorbait presque tout entier. \\ fit jouer au théâtre du Gapitole un ^rarne intitulé la Marquise de Brinvilliers, pn j83ï, il avait été couronné pour un très remarquable discours en prose sur le sujet suivant : Est-ce par l'imitation ou par l'invention que la littérature française a fait le plus de progrès^ ?
Lors de son entrée aux Débats, il ne remplaça point JVf . de Bourqueney, attendu que ce dernier, 4iplomàte de carrière, était spécialement chargé de la politique extérieure, et qu'on ne lui eût point donné pour successeur un petit journaliste tout frais débarqué de sa province. La place, du reste, n'était point vacante. C'est seulement
1. fienseigneiîients communiqués par M. Firmin Boîssin, rédacteur en chef du Messager de Toulouse, et par M. Albert', avocat à la cour d'appel, qui était, en 1832, élève de recoin Saint-Raymond Voir, dans Cinquante ans de vie littéraire, par Mary l^aîon, compatriote et an^i de Graiiier de Gassagnac. un récit des circonstances qui amepèrent ce dernier ^ Paris, récit tout différent de celui de Victor Hugo.
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en i835^ trois ans après les débuts de M. Granîer de Gassag'nac au Journal des Débqts, que AJ. de Pourquéney cessa sa collaboration et partit, non pour être ambassadeur, mais pour reprenijï'^ s^s anciennes fonctions de secrétaire à l'ambassade de Lond;*es *.
Quoi qu'il en soit, M. Granier de Cassagnac avait été attaché, en 1882, grâce à Victor Hugo, à la rédaction de la feuille de M. Bertin. Le i^"^ nove^^bre i833, cinq jours avant la première représentation de Marie Tudor, il publia uii article dsins jequel il rrionfrail; Alexandre pum^s (JépouiJjant sa^s vergogpe Gœthe et Schiller, Walter Scott et J^ope de Vega, Racine et Victor pugo. \\ l'accusait en particulier d'avoir mis à poptribution, pour écrire Christine à Fontainebleau ^ la Conjuration de Piesque et la Mort de Wallenstein, de Schiller; ie Comte d'Egmonty 4e Gœthe; rA^mour et VIJonneur, de Lope (Je Vega ; d'avoir imité, d^ps le monologue de Monajdeschi, le monologue de Charles-Quint ail quatrième acte d'Uernani, sans préju4ice de quelques emprunts au Dernier Jour d*u(i' condamné.
La manœuvre, à coup sûi", étajj; ba})ile. t«e çli^mpîon de Victor Hugo prenait hardiment l'ofifensive. 11 portait l'attaque dans le camp de l'ennemi : le devancer, n'étaitce pas le réduire à l'impuissance ? Quel crédit pourrait avoir Alexandre Dumas criant au plagiaire, maintenant qu'il était lui-même, et tout le premier, convaincu 4'avoir pratiqué le plagiat avec upe 4u4î|ce et vm sans-gépe inouïs? Si remarqual)le que fût l'article, le jeune écrivain avait 4épassé le but. Àsscués^vec une vigueur rare, ses coiips atteignaient l>ien, sans doute, Alexan4re P^mas ; mais i} se trouva qu'ils portajepl; plus Jiaut et