‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 57 sur 151 · ÉTUDE SUR MIRABEAU · texte numérisé non relu

ÉTUDE SUR MIRABEAU

mille facettes*. » C'est Sainte-Beuve qui dit cela. M. Nisard ne parle pas autrement : « L'histoire de la vie politique de Mirabeau est devenue l'histoire des tracasseries littéraires de M. Victor Hugo. Les trente voix auxquelles Mirabeau imposait silence, ce sont }es ennemis littéraires de JVf . Victor Hugo. M- Victor Hugo se contemplait, triomphait dans Mirabeau. Au moyen (Je lég'ères altérations historiques dont Tamour-propre ne se fait pas faute, M. Victor Ifugo a en quelque sorte décalqué sur sa propre vie la vie de Mirabeau. C'est la même glpire en butte aux mêmes épreuves, le même génie harcelé par les mêmes myrmidons ; les noms seuls sont changés *. »

Au moment où X Etude sur Mirabeau fut écrite, au lendemain àeVéchecde Marie Tudor, beaucoup refusaient à Victor Hugo le génie dramatique, non les qualités du poète, mais celles de l'homme de théâtre ; le public, la foule, préféraient à ses drames ceux d'Alexandre Dumas. Et voilà pourquoi, sous couleur d'étudier et de peindre Mirabeau, Victor Hugo écrivait:

Et puis, et ceci est une tactique qui a été de tout temps invariablement suivie contre les génies, non seulement les hommes de la monarchie (lisez les classiques), mais encore ceux de son parti (lisez les romantiques) y car on n'est jamais mieux haï que dans son propre parti, étaient toujours d'accord, comme par une sorte de convention tacite, pour lui opposer sans cesse et lui préférer en toute occasion un autre orateur (lisez un autre dramaturge), fort adroitement choisi par Tenvie en ce sens qu'il servait les mêmes sympathies politiques (lisez littéraires) que Mirabeau, Barnave (lisez Dumas), Et la

4. Sainte-Beuve, Portraits contemporains y édition de 1869, t. II, p. 2!H.

2. D. Nisard, Af. Victor Hugo en 1836, (Hevue de Paris, nouvelle série,, t. I^XV.)

loujourB ainsi. Il arrive aouvcot que, dans une épo- , la même idée est représentée à la fois, â dss renls, par un liomme de génie et par un homme d« ! positloDest une heureuse chance pour l'honintede iccés présent et incontesté lui appartient (il est itsi ipècc de succès-là ne prouve rien et s'évanouit vile), et la haine vont droit au plus fort. La médiocril: importunée par l'homme de talent si l'homme it tpas lu; mais rboramede ^nte est là, elle souLleat I talent et se sert de lui contre le maître. Elle se ispoir chimérique de renverser le premier, et dans ui ne peut se réaliser d'ailleurs) elle compte avoir marché du second; en attendant, elierappiue et le is haut qu'elle peut. La médiocrité est pour celui le moins et qui lui ressemble le plus. Dans ce(t( ut ce qui est ennemi à l'homme de génie est ami i ! talent. I-a comparaison qui devrait écraser ceiuisc. De toutes les pierres que le pic et la pioche et et la diatribe et l'injure peuvent arracher à ]a base omme, on fait un piédestal à l'homme secondaire, it crouler de l'un sert à la construction de l'autre, [ue vers 1790, on bâtissait Barnave avec tout ce it de Mirabeau.

lui, Mirabeau-Hug:©, i) entend biea ne pas out une seule pierre du piédestal de Dunias- « Barnave avait en propre l'ovation du nioriomphe du quart d'heure, la gloire dans la — Barnave était de ces hommes qui prennent tin la mesure de leur auditoire, qui tâtent le ur public, qui ne se hasardent jamais hors de té d'être applaudis, qui baisent (oajours nt le talon du succès, qui ont une faconde e, bien plane et bien roulante, sur laquelle

et circulent à petit bruit avec leurs divers utes les idées communes de leur temps; qui, d'avoir des pensées trop peu imprégTiées de re de tout le monde, mettent sans cesse leur

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