‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 63 sur 151 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

« Albin, écrit Victor Hugo, entra en chancelant; il sanglotait. Les g-endarmes ne purent empêcher qu'il n'allât tomber dans les bras de Claude. Claude le soutint et dit, en souriant, au procureur du roi:(( Voilà un scélérat qui partag-e son pain avec ceux qui ont faim. » Puis il baisa la main d'Albin... Les femmes qui étaient là pleurèrent * . » La Gazette des Tribunaux ne dit rien de cette scène pathétique, et pour cause. Claude Gueux accusa, en effet, Albin d'avoir été son complice dans le meurtre du directeur; il persista, jusqu'au pied de l'échafaud, à le dénoncer comme tel 2.

J'aurais encore à signaler bien des inexactitudes, bien des erreurs voulues. Je n'en relèverai plus que deux ou trois.

Les paroles empreintes à la fois de fermeté, de philosophie et d'éloquence, que Victor Hugo met dans la bouche de Claude Gueux, au prononcé de son arrêt, n'ont point été dites. Claude, à ce moment, ne fit point figure de héros. « Il est pâle et son attitude abattue rend inutiles les précautions inusitées dont il est environné 3. »

Autre détail. On veut, dit Victor Hugo, le faire évader; il refuse. N'a-t-il pas, dès longtemps, fait le sacrifice de sa vie? Ici, encore, intervient cet éternel troublefête, le rédacteur de la Gazette. Il nous apprend que « Claude Gueux, depuis son arrivée dans les prisons de Troyes, a dirigé un plan d'évasion aussi hardi qu'habile. »

D'après Victor Hugo, l'exécution avait été fixée au 8 juin, parce que ce jour-là était un jour de marché,

d. Claude Gueux, p. 20.

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