Gazette des Tribunaux, 19 mars
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ce qui lui fournit aussitôt matière à une superbe tirade Il n'y a qu'un petit malheur, c'est qu'on avait choisi le 8 juin par cette raison, précisément, que ce n'était pas le jour du marché. « L'exécution, écrit la Gazette des Tribunaux, a eu lieu le vendredi 8 juin, à huit heures du matin. Jusqu'à présent, les exécutions avaient toujours eu lieu le samedi, jour de marché, où la foule est naturellement plus considérable *. » Et la Gazette insiste sur ce point, que l'autorité, en évitant de choisir le jour du marché, s'est proposé de « suivre l'irapulsion philanthropique des esprits », et qu'elle a cherché « à cacher le plus possible un si terrible spectacle ».
On sait, de reste, que l'auteur de Notre-Dame de Paris affiche en toute rencontre la prétention d'unir au laurier du poète la palme de l'érudit, de s'élever aux conceptions les plus hautes et de s'astreindre à l'exactitude la plus minutieuse. Dans Claude Gueux j en particulier, où il agite une grave question de philosophie sociale, où chaque détail a la prétention d'être un arg-ument, où les faits sont le support de la thèse, il avait le devoir de ne mettre en avant que des faits scrupuleusement exacts, de « dire les choses comme elles sont », 11 en avait pris l'eng-agement au début de son travail . Cet eng-ag-ement, nous savons maintenant comment il l'a rempli. Pas un fait qu'il n'ait dénaturé, pas un détail qu'il n'ait travesti. Et qu'on ne dise pas qu'après tout le mal n'est pas grand, que Victor Hugo étant un poète, cela ne tire point à conséquence. Ce n'est pas impunément qu'un écrivain se fait un jeu de la vérité une habitude du mensonge. Même dans l'ordre purement littéraire, la sincérité est la qualité maîtresse : sans