n^eZo, journée m, partie II, scène m
ANGELO m
il écrit dans sa préface : c< On ne saurait trop le redire» aujourd'hui plus que jamais, le théâtre est un lieu d'en^ seignement. Le drame... doit donner à la foule une philosophie, aux idées une formule, aux âmes altérées un breuvage, aux plaies secrètes un baume, à chacun un conseil, à tous une loi... Pour être complet, il faut que le drame ait aussi la volonté à' enseigner, en même temps qu'il a la volonté de plaire. Laissez-vous charmer i par le drame, mais que la leçon soit dedans, et qu'on puisse toujours l'y retrouver quand on voudra disséquer cette belle chose vivante, si ravissante, si poétique, si passionnée, si magnifiquement vêtue d'or, de soie et de velours. Dans le plus beau drame, il doit toujours y avoir une idée sévère, comme dans la plus belle femme ( il y a un squelette *. »
Gatarina Brag-adini, dont « l'écusson est coupé d'azur et d'arg-ent à la croix rouge », trahit ses devoirs d'épouse; lorsque le podesta lui annonce que sa dernière heure est venue, elle est faible et lâche devant la mort; sauvée par la maîtresse de son mari, elle s'enfuit avec son amant. La Tisbe, la ballerine, est noble, généreuse, dévouée ; elle donne sa vie pour sauver celle de sa rivale ; elle fait ce sacrifice avec une simplicité sublime, mon-* trant ainsi combien « la femme hors de la société » est au-dessus de « la femme dans la société », combien la courtisane est au-dessus de la grande dame 2 / Et voilà V enseignement, la leçon, le conseil, que le poète donne\