‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 74 sur 151 · Les Chants du crépuscule^ XXXIX, Date lilia · texte numérisé non relu

Les Chants du crépuscule^ XXXIX, Date lilia

sèment. Aux blasphèmes d'une malheureuse femme* contre la divine institution de la famille, il oppose des chants d'une tendresse inexprimable, où Pamour conjugal est presque une piété, où le respect sanctifie l'intimité, où Thommag-e d'un homme à une femme aimée est aussi grave, aussi pur qu'il est tendre ^.

Excellent M. Vinet ! Sainte-Beuve, qui allait devenir, deux ans plus tard, son collègue à l'université de Lausanne, aura pu lui apprendre combien s'éloignait de la vérité cette interprétation du Date H lia de Victor Hugo. Il aura pu lui en donner une traduction libre, d'autant plus exacte qu'elle aura été plus libre. S'il n'a pas voulu tout lui dire, il aura pu tout au moins lui faire lire quelques lignes de ses carnets, celles-ci par exemple :

Je n'ai jamais aliéné ma volonté et mon jugement, hormis un instant dans le monde de Hugo, et par l'effet d'un charme, le plus puissant et le plus doux, celui qui enchaînait Renaud dans le jardin d'Armide.

— S'il veut obtenir de vous un service qui flatte son amourpropre, l'homme grossier est homme à faire intervenir près de vous dans la conversation le nom de sa femme, pour peu qu'il se doute que vous en êtes un peu amoureux ; il ne voit aucune indélicatesse mais seulement une ruse très permise, à cela ^.

i. George Sand.

2. Eludes sur la littérature française au dix-neuvième siècle, par A. Vinet, t. II, p. 284.

Page 1