Alexandre Dumas, Mémoires, i* IV, p
VICTOR HUGO APBÈS 1
En se mpitant sut les rangs pour remplacer M. Laine, Victor Hugo n'avait pris conseil que de lui-mfime. Sa candidature avait scandalisé presque tous ses amis. Ceux qui faisaient alors cortège au poùte et composaient le Cénacle de la place Royale, tenaient le titre d'académicien pour « la plus cruelle injure », et l'Académie ellcmâme pour un lieu grotesque où, sous une coupole ridicule, se réunissaient des vieillards stupides I
Ce nouveau Cénacle, celui de i836, ne ressemblait guère aux deux premiers, ceux de 1824 et de 1829. Les membres du Cénacle de 1824 étaient, avec Victor Hugo, Charles Nodier, Alexandre Soumet, Guiraud, Pichald, Jules de Rességuier, Alfred de Vigny, Gaspard de Pons, Jules Lefèvre, Adolphe deSaint-Vairy,Ulrîc Gutting-uer, Chènedollé, Emile Deschamps et Delphine Gay *. Dans ce groupe choisi, la haine de la révolution et le méprisde la vulgarité libérale étaient à l'ordre du jour, en même temps que le culte du moyen-âge, de ses châtelaines et de ses pages. Sainte-Beuve a tracé quelque part une silhouette piquante de ce monde un peu quintessencié, auquel il n'appartenait pas, et dont il se plaft à indiquer les points faibles, « la chevalerie dorée, le joli moyen-âge de châtelaines, de pages et de marraines; le christianisme de chapelle et d'ermitage, les pauvres orphelins, les petits mendiants, qui faisaient fureur et se partageaient le fond général des sujets, sans parler des innombrables mélancolies personnelles^ ».
Comme le Cénacle de 1824, celui de 1829 avait pour
1. Sar le Cénacle de IBS*, voyez Victor Hui/o avant 1830, ch. i.