‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 83 sur 151 · Théophile Gautier, Histoire du Romantisme ^ p · texte numérisé non relu

Théophile Gautier, Histoire du Romantisme ^ p

2. Victor Pavie, sa jeunesse, ses relations littéraires, p. 145. — Ce volume, publié sous le voile de l'anonyme, a pour auteur M. Théodore Pavie, frère de Victor. — M. Théodore Pavio, né à Angers en 1811, chargé du cours de langue et de littérature sanscrites au Collège de France, de 1853 à l857, et professeur de littérature orientale à l'université catholique d'Angers, unitàune érudition profonde un remarquable talent de conteur et d'écrivain. Je citerai, parmi ses principaux ouvrages : Voyage aux Etats-Unis et au Canada; — Fragments d'un voyant dans V Amérique méridionale ; — Choix de contes et de nouvelles traduits du chinois; — Krichna et sa doctrine; — Scènes et récits des pays d!* outre-mer ; — Récits des landes et des grèves, etc.

pays de Jean Racine , mais il ne faut pas lui en vouloir *. — Ah ! dit Victor Ilug-o, si Jean Racine n'eût pas fait de trag-édies, quel grand homme pour la France, car lui aussi se drapait du manteau des dieux î » Arsène Houssaye, qui n'était point venu pour se faire mettre à la porte, s'inclina et dit timidement qu'il avait un autre compatriote, lequel en son temps avait eu quelque esprit, Jean de La Fontaine, ce Oh ! celui-là, s*écria Victor Hug*o, il a fait des contes charmants; je Taime pour ses contes, non pour ses fables, parce que si ses contes sont d'un poète du seizième siècle, ses fables sont d'un Sancho Pança à cheval sur M. de La Palisse. » — « Je ne croyais pas un mot de ce que disait Victor Hug-o, ni lui non plus, continue Arsène Iloussaye; mais il fallait bien amuser la g-alerie. Et puis la discipline de l'école! — « Vois-tu, me disait Ourliac, Hug-o ne sait bien juger que luimême, en se donnant la première place. » Il avait raison ^. »

Arsène Houssaye termine son récit en ces termes : « Je trouvai que le grand poète était log'é comme un prince ; mais je fis remarquer à Théo qu'on soupait bien peu chez lui. A peine si on servait une tasse de thé aux privilcg-iés. Il fallait aller là tout esprit, en laissant son estomac dans l'antichambre. Son salon c'était le Portique : on se trouvait trop heureux d'y g'agner une fîg'ue et d'y boire un verre d'eau 3. »

Si le chef du Cénacle ne servait à ses adeptes que le verre d'eau classique, ce n'est pas qu'il eût rien de com-

1. Arsène Houssaye est né à Bruyères, dans le département de l'Aisne, non loin de la Ferté-Milon et de Château-Thierry, où sont nés Racine et La Fontaine.

2. Arsène Houssayo. les Coîi fessions, souvenirs d^un demi-siècle (1830-1880), t. I, p. 252.

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