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CHAPITRE IX

LA ESMERALDA. — SECONDE RENCONTRE AVEC l'aCADÉMIE

Excursion en Bretagne. — Un acte de naissance. — La Esmeralda. — M"« Louise Bertin. — Hector Berlioz. — Le fauteui[ de M. Raynouard. — Le docteur Pariset, Casimir Bonjour* ot M. Mignet. — M. Guizot et M""" Emile de Girardin. — Le buste de 1837. David d'Angers. — Eugène Hugo. — La tragédie de Spartacus. — Les Adieux poétiques de Gaspard de Pons. —

. Pourquoi Victor Hugo n'était pas républicain en 1836. — La duchesse d'Orléans. — Le tableau de Saint-Evre.

A la demande de M. Bertin, Victor Hug*o avait consenti à tirer de Notre-Dame de Paris un librctto d'opéra, dont M^^'' Louise Bertin ferait la musique. Dès la fin de i83i, il s'était mis à la besog-ne, croyant sans doute, au début, que ce serait l'affaire de quelques jours, de quelques semaines au plus: il allait en avoir pour plusieurs années :

Tel qui part pour cinq ans croit partir pour un jour *.

Sa correspondance avec les Bertin nous le montre, — de 1882 à i836, — travaillant toujours à ce malheureux libretto, le remettant ving-t fois sur le métier, se prêtant, avec une infatigable patience et d'ailleurs avec une parfaite bonne grâce, aux remaniements que ne cesse de • lui demander l'auteur de la musique.

1 . Victor Hugo, Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour. {Le lihin, t. Il,)

Voici quelques extraits de cette correspondance :

17 février i834« Voici, Mademoiselle, la variante pour Quasimodo .

Je la devine, Jp l'entrevois.

Fille divine, Viens sans effroi t

Je vous accable de vers et de prose et de ports de lettres. Notre-Dame de Paris vous assomme et vous ruine. Mais le jour de la première représentation tout sera compensé, effacé, racheté. Vous serez au septième ciel et moi dans le troisième dessous. — Je me mets humblement à vos pieds comme il convient à la rime devant la note.

(i4 décembre i834)... Brodez, Mademoiselle, voici du canevas. Pauvre poésie, riche musique, il paraît que cela va toujours bien ensemble depuis Quinault et Gluck jusqu'à vous et moi. — Je baise vos mains qui vont transfigurer mon calicot à treize sous Taune en pourpre de Milet.

(3o juillet i836)... Je vous envoie, Mademoiselle, tous vos vers y compris ceux de huit syllabes, et les monstres pour comparer... Voici maintenant deux variantes pour les vers du finale. Vous pourrez choisir...

Il ne me reste plus qu'à vous dire à quel point je vous suis acquis. Ceci est sans variante. Nous vous le répéterons dimanche, aux Roches, ma femme et moi. — A vos pieds. V... 1.

Victor Hugo écrivait ce billet du 3o juillet au retour d'une excursion, — où sa femme ne l'avait point accompagné. — Il venait de visiter les côtes de la basse Normandie et quelques villes de Bretagne parmi lesquelles Fougères, patrie deM'^^ Juliette ^. Il faut croire que cette

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