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raconte en ces termes ce terrible épisode, au tome VI de son Histoire de la Révolution :
A masure que les patrouilles amanaient un captif, on l'abattait d'un coup de sabre ou de bâton ; puis, sans même s'assurer s'il était bien mort, on allait le précipiter au fond de la tour sanglante. Rien qui put fléchir la barbarie des assassins : ni la jeunesse, ni l'enfance... — Dampmartin, qui était présent à l'ouverture de la fosse, assure qu'on en retira cent dix corps, parmi lesquels les chirurgiens distinguèrent soixante dix hommes, trente-deux femmes et huit enfants... D'un autre côté, une relation semi-officielle porte que, quand on ouvrit la fosse, on trouva des corps à genoux contre le mur, dans une attitude qui prouvait qu'ils avaient été enterrés vifs... — Jourdan et les siens avaient eu beau jeter des torrents d'eau et des baquets de chaux vive dans l'horrible fosse ; sur un des côtés du mur, il était resté, pour dénoncer leur crime, une longue traînée de sang qu'on ne put jamais effacer '.
C'est là ce que Victor Hugoappelle la main sanglante de la réaction! C'est cette boucherie des 16 et 17 octobre 1791, la seule dont la tour de Trouilhas ait été le théâtre, que l'auteur des Travailleurs de la mer met à la charge de la Restauration !
Presque à l'égal des Bourbons,, Victor Hugo déteste Bossuet, coupable à ses yeux d'être regardé'par un certain nombre de braves ï^ens comme le premier des écrivains français. La statue du grand évêque domine de haut la sienne. Il n'aura point de cesse qu'il ne l'ait démolie. Déjà, dans les Misérables, il lui avait porté quelques coups furieux 2. Il était revenu à la charge dansWilliam Shakespeare3. Il avait trouvé plaisant, dans les Chansons des rues et des bois, de le traiter de pleutre 4.
1 . Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, t. VI, pp. i63 et 166.