Préface des Travailleurs de la mer, p. VIII
eu. il lui reste cette ressource suprême, le suicide. Tel est l'enseignement qui se dégage de cette œuvre malsaine, où la Fatalité remplace Dieu, où abondent les pages méchantes, odieuses, insensées, — où l'auteur ressuscite contre Jeanne d'Arc la vieille théorie de l'hallucination l, où il assimile Escobar et le marquis de Sade 2, la bienheureuse Marie-Alacoque et Messaline 3.
Victor Hugo ne pouvait plus écrire un livre sans insulter la Restauration. Son nouveau roman a pour objet de peindre les amours d'un matelot guernesiais, sa lutte contre les forces et les colères de l'Océan. Il semble bien que Louis XVIII et Charles X n'ont rien à y voir. Victor Hugo ne l'entend pas ainsi. Il se déchaîne contre les princes qui l'ont pensionné, contre le gouvernement qu'il a chanté. Il écrit ces lignes étranges : « Ces temps étaient une époque de fuites... Pendant les sept ou huit premières années après la rentrée des Bourbons, la panique fut partout, dans la finance, dans l'industrie, dans le commerce... Il y avait un sauve- qui-peut dans la politique... On fuyait... la tour de Taurias d'Avignon, silhouette lugubrement debout dans l'histoire, qu'a marquée la réaction, et où l'on distingue encore aujourd'hui cette main sanglante ' . » A la tour de Trouilhas (et non Taurias) se rattachent en effet de sanglants souvenirs, ceux du massacre organisé à Avignon, les 16 et 17 octobre 17-) 1 , par les chefs du parti révolutionnaire, Jourdan Coupe-tètes, Mainvielle et Duprat, dignes précurseurs des - surs d • Septembre. M. Louis Blanc, que Victor II 11 g»> appelle quelque part Y austère historien,