‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 102 sur 187 · juillet · texte numérisé non relu

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LES CHANSONS DES RUES ET DES BOIS l'Jii

et les vaincus de Sadowa, l'empereur d'Autriche et le roi

de Prusse, et Bismarck et de Moltke. Un éditeur publia, en vue de l'Exposition, un gros livre, Paris-Gui de, pour

lequel il s'était assuré la collaboration des principaux écrivains français. Victor Hugo s'était chargé de Y Introduction: Ab Joue principium. L'écrit du poète forme un petit volume qui a pour titre Paris.

C'est Paris qui sacre les renommées, qui est le point de dopait des succès; il distribue la popularité, il fait les révolutions et donne le pouvoir. Aussi Victor Hu^o va-til le célébrer avec un zèle qui ne connaîtra pas de bornes, avec un enthousiasme qui ira jusqu'à la frénésie. Il l'admirera non seulement jusque dans ses verrues, mais encore jusque dans ses crimes !

Paris est le chef-lieu suprême. — Paris est la ville pivot sur laquelle l'histoire a tourné. — Paris est le point vélique de la civilisation. — Paris travaille pour la communauté terrestre. — La multitude est la nébuleuse qui, condensée, sera l'étoile. Paris est le condensateur. — Jérusalem dég-a^e le Vrai. Athènes dégage le Beau. Rome décade le Grand. Ces trois villes vivent en Paris. 11 les amalgame dans son unité. Ce logarithme de trois civilisations i éditées en une formule 'unique, cette tératologie sublime du progrés faisant

l'idéal, produit ce chef-d'œuvre : Paris. Dans cette cité-là aussi il y a eu un crucifié. Là, et pendant dîx-hui cents ans aussi, en présence du grand crucifie, Dieu, qui pour nous est l'Homme, a saigné l'autre grand crucifié, le Peuple. Paris, lieu de la révélation révolutionnaire, est la Jérusalem humaine. — Paris est un semeur. Où sème-t-il? Dans les ténèbres. me-t-il ? Des étincelles. Tout ce

qui. dans les intelligences éparses sur cette tirre, prend feu çà et là, et pétille, est le t'ait de Paris. Le magnifique incendie du proçrè<, c'est Paris qui l'attise, 11 y travaille s;ms relâche. Il y jette ce combustible, les superstitions, lis Canatismes, les haines, les ^niti-«-<, I- ^ préjugés. Tuute cette nuit fait de la flamme et, grâce à Paris, chauffeur du bûcher sublime, monte et se dilate en clarté. De là lr>

fond éclairage des esprits. — Paris a été trempé dans le bon sens, ce Slvx qui ne laisse point passer les ombres. C'est par là que Paris est invulnérable. — Ses lendemains sont toujours bons. La folie de Paris, cuvée, est sagesse. — Le peuple de Paris est pensif et profond. Prenez ce petit être qu'on appelle le iramin de Paris : en révolution, que fait-il "? Il respecte le chemin de fer et démolit l'octroi ; et l'instinct de cet enfant écla're toute l'économie politique. — Paris est la ville de la puissance par la concorde, de la conquête par le désintéressement, de la domination par l'ascension, de la victoire par radoucissement, de la justice par la pitié et de l'éblouissement par la science l.

Pendant deux chapitres qui ont pour titre : Suprématie de Paris, — Fonction de Paris, Victor Hug-o célèbre ainsi sur le mode lyrique l'éclat et la toute-puissance de la Ville-Lumière, de la Ville-Soleil. Ce dithyrambe a pour préface un autre chapitre intitulé : le Passé, dans lequel le poète dresse contre la France d'avant 89, contre l'eg-lise et la monarchie, un réquisitoire d'une violence inouïe. Jamais pamphlétaire sorti des bas-fonds de la démagogie n'a entassé contre la France d'autrefois, la France de nos pères, autant de calomnies, de mensonges et d'outrages. « Quel précipice que ce passé ! dit-il en un endroit, descente lugubre ! Dante y hésiterait. La vraie catacombe de Paris, c'est cela. L'histoire n'a pas de sape plus noire. Aucun dédale n'ég-ale en horreur cette cave..., ce souterrain. » — Oui, vous avez bien lu. La France de Charlemagme et de Roland, de Pierre l'Ermite et de saint Bernard, de Louis IX et de Philippe- Auguste, de Jeanne d'Arc et de Duguesclin, d'Henri IV et d j Richelieu, de Louis XIV et de Bossuet,de Louis XVI et de Malesherbes ; cette noble et douce France, où nos pères ont lutté, ont souffert pour nous, où ils ont

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