‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 111 sur 187 · Les Voix in 'érieiA e*, VII. A Virgile · texte numérisé non relu

Les Voix in 'érieiA e*, VII. A Virgile

comme riait votre petite Georç-ette. Ma femme, ravie comme moi de votre livre exquis, me commande de vous embrasser. J'obéis, mais je reste à vos pieds.

Quatre jours après, nouvelle lettre.

Dimanche, 7 septembre. Chaudfontaine.

Chère Marie, c'est encore moi. Quand je vous ai écrit, il y a quelques jours, j'étais au milieu de votre livre, et je n'ai pas attendu la fin pour vous dire mon enchantement. Aujourd'hui je viens de finir, et c'est mon attendrissement que je vous envoie. Je viens de pleurer tout simplement, et ces larmes sont à vous, noble femme, noble cœur, et je vous les donne. ^ ous êtes la ditrne fille de ce père ; il me semble qu'à vous deux vous avez une seule àme; cette àme avait deux rayons; l'un est remonté là-haut, c'est Charles Nodier; l'autre est resté sur cette terre, c'est vous. J'ai lu toutes ces pages vraies, délicates et douces, en compagnie de ma femme et de quelques amis dans cette solitude. Tout à l'heure, tout le monde a pleuré, la noble femme qui lisait à haute voix (ma femme à cause de ses mauvais yeux ne pouvant lire elle-même) s'est arrêtée, étouffée en sanglots, et a fermé le livre, entourée de cœurs émus et d'yeux en pleurs, et j'ai besoin de vous redire que nous vous aimons.

Ne prenez pas la peine de me répondre. Demain nous retournons à Bruxelles. Hélas! l'absent est mort. Paris même pour moi n'est plus. J'embrasse ces anges que vous appelez vos fillettes.

L'heure était proche où allait se briser le dernier lien qui rattachât encore le poète au passé. Mme Victor Hugo mourut à Bruxelles, le 27 août 1868.

Sa vie avait été l'une des plus éclatantes et l'une des plus sombres de ce siècle. Elle avait connu les ivresses du bonheur et les extrémités du désespoir. Un instant, elle avait paru réaliser cet idéal, étant la Beauté, d'être

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