‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 120 sur 187 · M. Jules Claretie · texte numérisé non relu

M. Jules Claretie

l'avenue Frochot, chez son ami M. Paul Meurice, dont la maison devait être la sienne pendant toute la durée du siège. Se rappelait-il, à ce moment, les railleries dont il avait, dans un de ses livres, accablé Louis XVIII rentrant en France, au lendemain de la chute de l'empire, et la gorge-chaude qu'il avait faite sur « ce podagre ramené par l'étranger l )). Il n'était pas Louis XVIII, il n'était pas « podagre », mais il était, lui aussi, ramené par l'étranger.

Cependant, l'armée allemande avançait ; le 17 septembre, elle était aux portes de Paris. Ce jour-là, Victor Hugo publia un appel Aux Français. La pièce était trop longue, trop artistement travaillée. L'heure n'était pas aux phrases, surtout à des phrases comme celles-ci : « Incendiez Paris, Allemands... Vous allumez les colères plus encore que les maisons. » — « Paris suffit à Paris... Un volcan n'a pas besoin d'être secouru. » Malgré cela, l'auteur conviait laFrance à secourir Paris. Il s'écriait :

Que toutes les communes se lèvent ! que toutes les campagnes prennent feu ! que toutes les forêts s'emplissent de voix tonnantes ! Tocsin ! tocsin!... Cités, cites, cités, faites des forêts de piques, épaississez vos bayonnettes, attelez vos canons, et toi, village, prends ta fourche... Que chacun, riche, pauvre, ouvrier, bourgeois, laboureur, prenne chez lui ou ramasse à terre tout ce qui ressemble à une arme ou à un projectile. Roulez des rochers, entassez des pavés, changez les sillons en fosses, combattez avec tout ce qui vous tombe sous la main, prenez les pierres de notre terre sacrée, lapidez us avec les ossements de notre mère la France... Faites 1 1 guerre de jour et de nuit, la guerre des montagnes, la guerre des plaines, la guerre des bois. Levez-vous ! levezvous - :

1. t ictor Hugo racdkté par un témoin de sa vie, t. I, p. a54*

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