‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 121 sur 187 · Depuis Cexil, [>. Ou · texte numérisé non relu

Depuis Cexil, [>. Ou

J'ai regret à le dire, mais le poète ici se répète. Ces phrases lui ont déjà servi. Déjà, dans une autre circonstance, il a dit les mêmes choses presque dansles mêmes termes. Déjà, dans une autre occasion, il s'était écrié :

Oh ! levez -vous ! Levez-vous tous!... Courez aux fourches, aux pierres, aux faulx. aux socs de vos charrues ; prenez vos couteaux, prenez vos fusils, prenez vos carahines ; sautez sur la vieille épée d'Artevelde, sautez sur le vieux hàton ferré de Coppenolle... Criez aux armes î ce n'est pas Annibal qui est aux portes, c'est Schinderhannes ! Sonnez le tocsin, battez le rappel ; faites la guerre des plaines, faites la guerre des murailles, faites la guerre des buissons ! »

Ces paroles, — les mêmes, on le voit que celles qu'il adresse aujourd'hui aux Français, — c'était aux Belles qu'il les adressait, le ier août i852, à Anvers, et c'était contre les Français qu'elles étaient dirigées. C'était contre . l'armée française, le jour où elle entrerait en Belgique, qu'il invitait les Belges à organiser la levée en niasse, la guerre des buissons, la guerre au couteau, — contre nos régiments qu'il appelait des hordes, contre nos soldats qu'il appelait des prétoriens, des janissaires et des brigands { !

Le 20 octobre, le libraire Hetzel mit en vente la première édition parisienne des Châtiments ; elle était augmentée de cinq pièces nouvelles2. Deux jours après, sur les premiers bénéfices, l'auteur versait une somme de cinq cents francs à la souscription pour les canons 3.

La Société des gens de lettres voulut offrir un canon à

î. Pendant l'exil, p. 7. — Voir ci-dessus, chapitre 11.

2. Au moment de rentrer en France. — Les trois chevaux. — Patria. — Il est des jours abjects. — Saint-Arnaud.

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