Depuis l'exil, p
la défense nationale. Elle décida de consacrer à cette œuvre le produit d'une Matinée littéraire, à laquelle chacun prêterait un concours désintéressé. M. Raphaël- Félix, directeur de la Porte-Saint-Martin, offrit gratuitement son théâtre, et M. Pasdeloup, son orchestre. Les artistes,— Frédérick-Lemaître, Taillade, Lafontaine, Berton, Coquelin,Charlv,Lacressonnière,Maubant, Mmea Marie-Laurent, Gueymard-Lauters, Favart, Lia Félix, Dug-uéret, V. Lafontaine, Périg-a, Rousseil, — se mirent à la disposition du Comité, qui pria Victor Hug"o de vouloir bien autoriser Faudition de quelques-unes des pièces des Châtiments. Le poète s'y prêta de bonne grâce, et la Matinée eut lieu le 6 novembre. L'effet produit fut si grand, qu'une seconde séance fut demandée à la Société des g*ens de lettres. Elle fut donnée, dans les mêmes conditions, le dimanche 1 3 novembre. Les deux auditions produisirent, avec les quêtes, une recette de 14.272 francs 5o. Sur cette somme, 10.600 fr. furent employés à la fabrication de deux canons, que l'on appela le Victor- I/'iffoet le Châtiment. Le reliquat fut versé à la caisse de la Société des g-ens de lettres, pour servir à secourir les victimes de la g*uerre. Le lundi, 28 novembre, le théâtre de l'Opéra donna également, avec l'autorisation du poète, une représentation dont le programme ne comprenait que des pièces tirées des Châtiments. Cette représentation fut entièrement gratuite. La veille, les billets avaient été distribués dans les ving*t mairies de Paris, par les secrétaires délégués du comité des i^ens de lettres. Pendant les entr'actcs, Mme" Lia Félix, Ug^alde, V. Lafontaine, Marie-Laurent, Favart. Périg*a, Rousseil et Sarah Bernhardt firent la quête dans des casques pris aux Prussiens *.