Depuis l'exil, p
2. Le Peuple souverain était le journal de Millière. — Au 3i octobre, le nom de Victor Hugo fut jugé digne de figurer parmi ceux
des membres du nouveau gouvernement. « A trois heures et demie, — écrit M. Alfred Bertezene, qui prit lui-même une part active à cette journée. — par la rue de Rivoli, débouche Flourens, à la t»*le de ses tirailleurs. D'immenses acclamation! accueillent le jeune tribun. La foule s'écarte devant lui et il entre dans le Palais âpre-, avoir disposé ses troupes sur le quai. Delescluze et Pyal l'avaient précède de quelques instants.. . Debout tout botté sur la table du Conseil, Flourens proclame alors la déchéance des hommes {de Septembre
Après le 3i octobre, les clubs continuent à réclamer « la Commune ». On la demande plus que jamais à la salle Favié *, où se réunissent les montagnards de Belleville. Dans la séance du 19 décembre, un des membres du club déclare, aux applaudissements de la salle entière, que « Paris serait déjà débloqué, si nos armées avaient été commandées par des généraux républicains comme on en avait en q3 ». — « Voilà pourquoi, ajoutait-il, nous avons besoin de la Commune ; elle nous rendra 93, et 93 nous rendra la victoire. » Une voix s'écrie: « Oui, il nous faut la guillotine en permanence! » Personne ne proteste. Or, dans cette même séance, un autre orateur entretient l'assemblée « de la triste situation de la presse vraiment républicaine ». Après avoir constaté que plus les journaux sont réactionnaires, plus ils ont de lecteurs; que plus ils sont «bons», au contraire, moins ils se vendent, l'orateur continue en ces ternies: (( Quels sont maintenant nos journaux à nous? Il y a le RAPPEL, qui se vend un peu plus que les autres; il y a encore le Combat et le Réveil 2, qui sont des journaux respectacles et vraiment républicains; mais sont-ils à notre hauteur ? (Non ! non I) 3. » Ainsi, après le 3i octobre et jusqu'à la fin du siège, la feuille de Victor Hugo n'avait pas cessé d'être en faveur auprès des partisans de
puis propose les noms des membres du nouveau erouvernement : Dorian, VICTOR HUGO, Louis Blanc, Henri Rochefort, Blanqui, FlourenSj Mottu, Félix Pyat, Ranvier, Ledru-Rollin et Milliere. » — Histoire de etnt ans, par Alfred Bertezène, p. 4?3-
1. La salle Favié, où le club de ce nom tenait ses séances, était située rue de Paris, en face des Folies-Belleville.
2. A la date du 19 décembre 1870, la Patrie en danger avait cessé de paraître ; c'est ce qui explique que l'orateur de la salle Favié n'en ait pas parlé dans son énumeration des « bons » journaux .
3. Les Clubs rouges pendant le siène de Paris, par G. de Molinari, pages 107 et suivantes. — 1871.
la Commune; elle avait mérité d'être rangée par eux
parmi les « bons » journaux.
Il était donc naturel qu'après le 18 mars 1871 elle prit parti pour l'insurrection. Elle disait, dans son numéro du 20 mars:
En finir avec Paris a été le rêve des réactionnaires. Ce rêve, ils ont cru avoir une occasion de le réaliser. Montmartre avait des canons. Il les avait pris pour qu'ils ne fussent pas pris par les Prussiens, et il ne demandait pas mieux que de les rendre à la carde nationale ; mais alors il n'y aurait pas eu de guerre civile. Les ruminants de monarchie l iront pas voulu de cette restitution- là, ils ont mieux aimé menacer, provoquer, irriter, montrer les dents de M. Vinoy et de M. Valentin 2, braquer les canons, lancer les brigades. L'ne émeute dont on viendrait facilement à bout et dans le santr de laquelle la République glisserait et tomberait, c'était un plan tout simple pour des g-ens qui ne sont pas çènés par leur conscience. Mais leur calcul avait négligé ce détail, que c'étaient des gardes nationaux qui retenaient les canons de Montmartre, et que, depuis que la liurne a vu les gardes nationaux à l'œuvre dans le sièg-e et principalement dans l'affaire de Buzenval, il s'est créé, entre la garde nationale et la ligne, une amitié et une camaraderie étroites et une parenté de san«- versé qu'il ne dépend plus du gouvernement de rompre. Et les soldats qu'on a envoyés contre les gardes nationaux ont mis la crosse en l'air, et, au lieu de tuer, ils les ont embrassés... Le peuple, qui vient de prouver sa force aux réactionnaires en leur brisant leurs menaces en plein visage, leur prouvera son intelligence en modérant sa victoire. Uacct s de colère très légitime qui l'a sai>i élevant les nominations et les mesures qui le défiaient ne l'entraînera pas à des exui fourniraient à l'ennemi un prétexte de revenir 3.
1. Ces taninanls de monarchie étaient MM. Thiers, Jules Favre, Jules Simon, .1 ul»-^ Dufaure, Ernest Picard, <
2. Le général Vinoy, gouverneur de Paris; M. Valeutin, préfet de police.