‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 132 sur 187 · Le Rappel du 20 mars · texte numérisé non relu

Le Rappel du 20 mars

Cela était écrit deux jours après l'assassinat des g-énéraux Lecomte et Clément Thomas. Que le Rappel, dans cet article, ait exprimé la pensée môme de Victor Huuo, la chose ne saurait faire doute. Voici ce que le poète disait lui-même, un mois plus tard, dans sa lettre du 28 avril :

Oui a fait le 18 mars ?

Examinons.

Est-ce la Commune ?

Non. Elle n'existait pas.

Est-ce le comité central ?

Non. Il a saisi l'occasion, il ne l'a pas créée.

Oui donc a fait le 18 mars ?

C'est l'Assemblée, ou pour mieux dire la majorité...

Si l'assemblée eût laissé Montmartre tranquille, Montmartre n'eût pas soulevé Paris . // n'y aurait pas eu de 18 mars *.

Et c'était bien également la pensée de Victor Hugo que le Rappel avait traduite, lorsqu'il avait, pendant le siège, réclamé la Commune. Voici encore ce qu'écrivait le poète dans sa Lettre à MM. Meurice et Vacquerie:

Comme vous, je suis pour la Commune en principe. . . Certes, le droit de Paris est patent. Paris est une commune, la plus nécessaire de toutes, comme la plus illustre. Paris commune est la résultante de la France république... Le droit de Paris de se déclarer commune est incontestable... Ce que représente la Commune est immense 2.

Immense, en effet, car le poète n'entendait point que la Commune de Paris fût un simple conseil municipal, comme celui de Pontoise ou de Ouimper-Corentin. Il réclamait pour elle l'indépendance absolue, le pouvoir

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