‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 157 sur 187 · Les Rayon* et les Ombres, IV · texte numérisé non relu

Les Rayon* et les Ombres, IV

2 Souvenus sur le second Empire, par Adolphe Granier de Cassagoac, t. I. p. -\.

'A. Les Bayons et les Ombres.

été un grand esprit et un immense cœur1. » Il prononce en son honneur un long" discours, tout plein de flamboyantes métaphores et de mirifiques antithèses, éclatant et ténébreux, svbillin, apocalyptique, énorme, tel enfin que si le Voltaire du Théâtre Français eut été. ce jour-là, à la Gaîté, il se serait fait une pinte de bon sang". Dans ses Misérables, le poète n'avait pas reculé devant un rapprochement entre Jésus-Christ etMarat.Dans son discours du 3o mai 1878, il rapproche le (< sourire de Voltaire 0 des « larmes du Christ ». Il proclame que si un homme a fait vraiment m la guerre de Jésus-Christs, c'est Voltaire ; que si quelqu'un a vraiment « complété l'œuvre évangélique 3 », c'est l'auteur de Candide !

Le 17 juin, nouveau discours du poète. Cette fois, c'était au théâtre du Chàtelet, à la séance d'ouverture du congrès littéraire international. Le théâtre seul était changé; le discours était le même. Même débit monotone en sa solennité, même ton d'oracle, même éclat et mêmesonorité d'images, même choc d'antithèses, mêmes ténèbres sillonnées d'éclairs. Et aussi mêmes insultes à la monarchie qui est « on ne sait quelle succion terrible des forces vitales d'une nation 3» et à l'Église, aux hommes du passé. qui rêvent un a syllabus assez grand pour la Franceet un éteigfnoir assez grand pour le soleil

Quelques jours après la cérémonie du Chàtelet, l'Académie française nomma Victor Hugo directeur. En dehors des jours de vote, le poète venait rarement au Pulais-Mazarin, et quand par hasard il assistait aux séances, il ne prenait aucune part aux discussions. Aussi bien, la suppression de l'Académia faisait partie de

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