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al coal ; lie oever carries an umbrella. » Life of Victor Hugo, by Frank T. Marzials, |»
bel et bien du côté du plus fort. Mais dans aucune de ses œuvres précédentes il ne s'était montré peut-être aussi habile que dans la Pitié suprême. Cette pitié, dont on sait que son âme est pleine, mais qui se traduisait chez lui le plus souvent par un crescendo d'injures à l'adresse des grands et des princes, la voilà qui s'épanche jusque sur les tyrans et sur les oppresseurs. Ne lui parlez plus de châtiment ! Il ne connaît à cette heure que la miséricorde, — la miséricorde pour tous. Lui, le justicier implacable, le républicain inflexible, il demande que l'on pardonne aux rois, que l'on amnistie les empereurs ! Le lecteur admire tant de grandeur d'âme, la critique elle-même s'émeut, Paul de Saint-Victor écrit: (( La pitié est la vertu de Victor Hugo l. » Et à la faveur de cet attendrissement universel, Victor Hug-o donne libre carrière à sa haine contre la royauté. Tout ce que l'histoire, tout ce que la légende, tout ce que l'erreur et le mensonge peuvent accumuler de faits horribles et d'inventions monstrueuses, il le recueille, il le grossit, il le dénature. Cet homme si doux, si clément, dans cette œuvre qui est « une grande symphonie de paix, de bonté, de miséricorde », entasse contre ces malheureux rois, dont il s'est fait pour un jour l'avocat d'office, les accusations les plus formidables. Après quoi il se rassied, non sans avoir crié en finissant : Grâce pour ces monstres ! Pitié pour ces impitoyables ! — Il est bien tranquille, il sait que ses « clients » seront condamnés au maximum de la peine.
Littérairement, la Pitié suprême est une œuvre manquée. On y trouve une page charmante, un délicieux pastel, Louis XV enfant.
i. Victor Hugo, par Paul de Saint-Victor, p. 3i5.
Regardez cet enfant de cinq ans; la feuillée N'apas d'oiseau plus pur, plus frais, plus ébloui...
Une jolie pag-e, et c'est tout. Si le poète ç\arde encore un reste de son çrand souffle d'autrefois, il semble qu'il ait perdu la puissance d'incruster la pensée dans L'image, de rajeunir sans cesse l'éclat de ses métaphores. Que sont devenues ses belles images d'antan *? Celles d'au jour d'hui sont pénibles, bizarres, incohérentes. En veut-on quelques exemples ?
Sur ces durs chevalets, sruerre, famine, glèbe, Le irenre humain râlait dans le basrne fatal, Soit" par deux bourreaux, l'ignorance et le mal : La mort, entre ses doigts qu'une flamme environne, Tournant l'horrible scie eu a fait la couronne...
J'ai regardé de près cette foule de rois
Comme on verrait un choix d'instruments de torture. ..
Je suis le hurlement du sombre piédestal...
L'étoile flamboyante allongée en épée, C'est moi.
Ce n'est qu'avec l'éclair que tu veux éclairer.
Sovts le roi bête fauve on est bête de somme.
Son pouvoir est la grêle obscure des déluges .
On le bâtit [\e roi) Étroit comme pensée et grand comme appétit.
Tout monarque est un pli de l'immense suaire.
Le cheval aveuglé du cabestan des lois.
Gengiskhan et Mandrin sont le môme hibou.
Charles-Quint, qui dompta l'Europe en ['étouffant, Boa sombre, a pour tils le livide crotale1.
Jamais poète n'a possédé au même degré que Victor Hugo le don de l'amplification. S'il L'exagérait à plaisir,
i . La Pitié suprême, passim.
du moins savait-il en tirer souvent des effets prodigieux. Au lieu de ces amplifications démesurées, étourdissantes, vertigineuses, qui nous entraînaient à sa suite et nous causaient un véritable éblouissement, nous ne rencontrons plus, dans son œuvre nouvelle, que des répétitions de formules et de mots. Il lui était arrivé, dans le Pape et la seconde Légende des Siècles, dans les Contemplations même et la première Légende, après avoir exprimé sa pensée une fois, deux fois, trois fois, d'y revenir deux et trois fois encore. Dans la Pitié suprême, c'est dix fois, vingt fois, qu il revient sur la même idée, qu'il la répète, qu'il la piétine. Ce Dandin n'était point tant sot qui, devant les interminables périodes de V Intimé, ne se pouvait tenir et s'écriait :
Homme, ou, qui que tu sois, Diable, conclus; ou bien que le ciel te confonde1!
Une année s'était écoulée depuis la publication de la Pitié suprême; lorsqu'un horrible attentat fut dirigé contre l'empereur de Russie, Alexandre II. Le 17 février 1880, à six heures et demie du soir, une explosion formidable ébranla le palais d'hiver, à Saint-Pétersbourg, détruisant le corps de g-arde principal et effondrant la voûte de la salle à mang-er où l'empereur aurait dû se trouver, si le dîner n'avait été retardé par une circonstance fortuite. L'empereur avait étépréservé3 mais l'explosion n'en avait pas moins fait vingt-quatre victimes; dix-neuf hommes avaient été tués. C'était la troisième tentative d'assassinat dirigée contre Alexandre II depuis