‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 165 sur 187 · Depuis l'exil, t. IV, p. i · texte numérisé non relu

Depuis l'exil, t. IV, p. i

les jardiniers, les décolteurs, les potiers d'étain, les tourneurs-robinetiers, les boulangers viennois, les chapeliers, les garçons de magasin, les papetiers-rég-leurs, les sertisseurs, les ouvriers en bâtiment, les eordiers. les doreurs sur bijoux, les chauffeurs conducteurs-mécaniciens, les tienturiers dégraisseurs, les confiseurs, les pâtissiers, les fumistes, les lavetiers-emballeurs... J'en passe et des meilleurs.

Les musiques jouaient la Marseillaise et le Citant du départ. Au seuil de la maison se dressait un buste de la République, devant lequel s'entassaient les couronnes que chaque délégation déposait en passant.

Durant toute la journée, le temps avait été gris et froid; il était tombé un peu de neig-e. Le soleil d'Austerlitz avait manqué à ce triomphe du poète. La fête n'en avait pas moins été grandiose : elle avait offert un spectacle inoubliable. Seulement cette fête avait présenté un caractère plus politique que littéraire. Elle avait eu pour promoteur un journaliste aujourd'hui bien oublié, M. Edmond Bazire. Ancien rédacteur à la Réforme et à la Marseillaise, Edmond Bazire avait pris part, en 187 1 . au mouvement communaliste. Ayant réussi, lors de 1 entrée des troupes de Versailles, à sortir de Paris et à franchir la frontière, il n'était rentré en France qu'à la fin de 187G. En 1881. il était l'un des collaborateurs d Henri Rochefort à l'Intransigeant. Le premier, dans un petit journal, le Beaumarchais, \\ émit l'idée de célébrer solennellement l'anniversaire de la naissance de Victor* Hug-o.Danssa pensée, la manifestation devait être surtout une manifestation démocratique et révolutionnaire. La journée du 27 février n'avait pas trahi ses espérances [.

1 Voir, dans V Intransigeant au i'r juillet 1892, une notice nécrologique sur Edmond Bazire.

Le Pape, la Pitié suprême. Religions et Religion. l'Ane ne formaient chacun qu'un demi -vol urne. Au mois de mai 1881, sans doute pour montrer qu'à la veille de ses quatre-vingts ans il était plus vivant que jamais, Victor Hugo publia les Quatre vents de l'Esprit en deux forts volumes, contenant ensemble neuf à dix mille vers 4.

Ces deux volumes se divisent en quatre parties : le Livre satirique, le Livre dramatique, le Livre lyrique, le Livre épique.

Le Livre satirique se, compose, pour une bonne part, de dithyrambes en l'honneur de Victor Hugo... par Victor Huço lui-même. Déjà, dans William Shakespeare et dans l'Art d'être grand père, il avait longuement développé cette idée qu'entre ses œuvres et celles de Dieu il v avait, non pas seulement un rapport de ressemblance, mais un rapport d'identité 2. Dans tes Quatre vents de l' Esprit, il nous montre Zoïle faisant aux ouvrages de Dieu précisément les mêmes reproches que Gustave Planche et Nisard ont adressés aux ouvrages de Victor Hugo 3.En réalité, les deux créations sont pareilles chez les deux auteurs : mêmes qualités et mêmes défauts au même degré et dans la même mesure. Ce qui est dû à l'un est donc dû à l'autre. Ce qui est dû à Dieu est dû à VictorHugo. Le critiquer, c'est commettre un sacrilège.

1. Les Quatre vents de C Esprit furent mis en vente le 3i mai

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