Fer, ravage, viol; le carnage, le sang
La fange, et Bossuet, sm.stre, app'auiissant
4. 0 grandeur, de cuarnie/ et de meurtre mêlée, Qui de tètes de mort apparaît eioi.ee !
5. La boucla rie au nord, la tuerie au midi... Cinq cent mille battais, cent mule rnausacrés3
Dix milie bri et ''/«, rompus vifs, torturés... Tourbillon des bùc'iers sur les places publiques, Acre fumée ayant des râles dans sts pli>...
G. Manon Delorme, acte IV, scène ?i.
LA PITIE SUPRÊME 3 il
goutte. On l'appelle, celui-là, Louis le Juste, et «ses lois buvaient du sang- ».
Il fut comme un couteau qui tombe, Son trône ténébreux eut une odeur de tombe, Et le vautour y son^e encore au haut du mont .. Il semblait à ce roi, sombre tête perdue, Que toute branche était comme une main tendue Demandant un cadavre; il ne refusait pas; Les arbres devenaient potence sous ses pas; Jamais il ne laissait son prévôt la main vide.. . Et de tous les gïbels il a tenu l'échelle.... Il cherchait le charnier comme Henri la mêlée; Il ne haïssait point l'odeur de chair brûlée ; Des chambres de torture il écoutait les bruits ; Ce vendangeur avait, pour pommes et pour fruits, Les paniers du bourreau pleins de têtes coupées... Ce règne eut pour plafond l'échafaud qui s'égoutte.
Henri IV n'est pas plus épargné que Louis XIII et Louis XIV dans cet abatis de rois opéré en masse par l'auteur repentant des Odes et Ballades. Qu'on ne lui parle plus de la bonté du « roi Henri » ; il sait maintenant à quoi s'en tenir : le Béarnais est une franche canaille, un roi bourreau, sacrifiant sans cesse ses sujets à ses plaisirs, aimant à s'entourer, comme son fils, de gibets et de potences. Entre Louis XIII et lui, il n'est pas d'autre différence que celle qui existe entre Trois-Echelles et Petit-André, les aides de camp du grand prévôt. Trois-Échelles est toujours triste, Petit-André est toujours gai, mais tous deux tiennent solidement l'échelle où monte le patient.
Henri, « le meilleur des rois, » a toujours le rire aux lèvres,
Ce roi de belle humeur a ri jusqu'au tombeau.
Mais eut homme de joie es! ausvi Un homme de proie. Rien ne lui plaît comme de faire butiner ses lys, dans
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son jardin clu Louvre, par « l'essaim noir de Montfaucon ».
Autour de ce trône de joie,
Les juges, pour servir la royauté fougueux,
Allaient expédiant dans l'ombre un ta> de irueux;
On pendait des marauds et des rustres, rebelles
A la taxe, à la taille, aux aides, aux gabelles.
Va-nu-pieds refusant les impôts; il faut bien
Oue quelqu'un paie, en somme, et le roi n'y peut rien.. .
Nus, grelottant au vent sous les poutres muettes,
S'entrecboquant l'un l'autre et beurtés des cbouettes,
Envoyant des bruits sourds jusqu'au royal balcon,
Les squelettes tordaient leur chaîne à Montfaucon • !
Le i3 août 1818, la statue de Henri IV. rortie de la fonderie royale du faubourg- du Roule et traînée par quarante jeunes bœufs, se dirigeait vers le Pont-Neuf, par l'allée de Marigoy et les quais. A un certain moment, l'énorme bronze refusa d'avancer. Dételant alors les bœufs, la foule se jeta aux roues, au timon, à l'arrière, et porta triomphalement la statue jusqu'à la hauteur du Louvre. Au premier rang" de cette foule figurait le jeune Victor Hug-o qui, l'année suivante, dans son ode sur le Rétablissement de la statue d'Henri IV, rappelait ainsi ce souvenir :
1. Paul de Saint- Victor lui-même ne peut se défendre de prolester contre le portrait de Henri IV, tel que Victor Hugo l'a tracé. « Je me refuse, dit-il, à reconnaître, dans le roi cruellement insouciant qu'il nous montre, le prince bienfaisant, restaurateur de la France, qui guérit, en dix ans. les plaies de trois règnes... Je ne vois rien dans l'histoire qui ressemble à cette sinistre peinture. Tout au contraire, les abus mis en coupe réglée, l'agriculture renaissante, le travail encouragé, l'industrie créée, un profond et cordial souci des souffrances du peuple. « Les rois. — disait Henri IV, — tenaient à déshonneur de savoir combien valait un écu ; et moi, je voudrais savoir ce que vaut un liard, combien de peines ont les pauvres gens pour l'acquérir, atin qu'ils ne fussent charges que selon leur portée. » Non, la légende de Henri IV n'est pas un mensonge. 11 était bon, ce « roi gai » ; cette gaieté même, qu'on lui reproche, n'était que le rire de sa bonté. Il y parut à sa mort; un grand sanglot éclata, sorti des entrailles de la France... » — \ icior Hugo, par Paul de Saint-Victor, p. 383.
Par mille bras traîné, le lourd colosse roule. Ah! volons, joignons- nous à cet effort pieux. Qu'importe si mon bras est perdu dans la f» aie ! Henri me voit du haut des cieux '.
Cette statue, qu'il contribua autrefois à dresser sur son piédestal, il voudrait aujourd'hui la renverser. I que n'avait pas essaye la Commune elle-même au mois de mai 1871, à l'époque où elle déboulonnait la colonne Vendôme, Victor Huço l'entreprend dans ses vers, en 1881. Il consacre les efforts de son génie à cette œuvre anti-française : le déboulonnement de la statue de Henri IV.
1. Odes pI Ballades, livre I, vi. — \ ictor Hugo avant 1830. par Edmond Biré, chapitre îv.