Lucrèce Borrjia, acte Ier, scène
». Voir, au tome I des Mémoires sur le second Empire, par M. de Maupas, le chapitre intitule : les Fusillades imaginaires, pp. 5o4-5:j7. — La démonstration de M. de Maupas est décisive. Je me permettrai cependant d'ajouter un arguaient à ceux qu'il a fournis. Victor Hugo, même s'il ne voulait nommer personne, était au moins tenu de nous faire connaître à quel régiment appartenaient Les il''ti.r bataillons qu'il accuse d'avoir massacré, au Champ- de- Mars, dans la nuit du 5 au 6 décembre, trois cent trente* six prisonniers. S'il ne l'a pas fait, «'est qu'il -avait bien quelle protestation indignée eût aussitôt réduit ;i néant son audacieuse invention. — Lu écrivain républicain, M. Eugène Ténot, a publié, en sous ce titre : Paris en décembre i85i, une Etude historique SUT le coup d'Etat, étude très complète et très hostile aux auteurs du coup d'Etat : il n'y esl pas même fait allusion aux prétendues fusillades du (lhamp-de-Mars, de la cour de la préfecture de police et de la rue de Jérusalem.
promis de « mettre un nom derrière chacun de ces récits » . ne peut pas en trouver un seul pour appuyer son accusation. Cette accusation est la plus monstrueuse qui se puisse imaginer. Elle n'atteint pas seulement Louis-Napoléon et son préfet de police. M. de Maupas: elle est pour nos officiers, pour nos soldats, une flétrissure ineffaçable. Elle couvre d'une boue sanglante l'uniforme de notre armée. Qu'importe tout cela à Victor Hugo ?
Il n'a plus l'excuse qu'il aurait pu avoir en 1862, quand il était vaincu, enfiévré par l'exil, aveuglé par la colère. Il est vainqueur maintenant, il a vu se rouvrir pour lui les portes de la patrie, il savoure en paix à son foyer les joies du triomphe. Mais il est de ceux qui ne pardonnent pas. et, froidement, l'âme tranquille, il publie sans y rien changer son récit d'autrefois, ce récit invraisemblable, impossible, auquel il ne lui est plus permis de croire. Des preuves, il n'en a pas, il ne peut pas en avoir. Encore une fois, qu'importe? Il ne met pas en doute que ses paroles aient une beauté irréparable, que ceux qu'il a flétris resteront flétris, — et il n'hésite pas à jeter à l'armée de la France la plus mortelle injure, à la couvrir, il le croit du moins, d'un opprobre immortel. Si le récit de Victor Hugo devait rester, s'il devait vivre à jamais, rassurons-nous, ce ne serait pas pour la honte de notre armée.