‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 27 sur 187 · Wauwermans, p. io · texte numérisé non relu

Wauwermans, p. io

■- . Documents parlementaires, séance du 4 novembre i85-?.

le gouvernement belge contre Victor Hugo et de permettre son renvoi, puisque ce renvoi a précédé de plusieurs mois la présentation et le vote de la loi.

Si la loi Faider n'a pas été dirigée contre Victor Hugo, si elle n'a pas été faite exprès pour lui, comme il essaie de le faire croire,, il n'en reste pas moins que, le ier août 1862, il a du quitter la Belgique. Dans quelles conditions? c'est ce que nous devons maintenant rechercher.

Le bourgmestre de Bruxelles, M. Charles de Brouckère, était l'un des chefs du parti libéral. Il accueillit avec le plus cordial empressement le grand poète, qui, onze ans plus tard, rendait ce témoignage à sa mémoire :

Quand j'arrivai à Bruxelles, le 12 décembre i85i, la première visite que je reçus fut celle du bourgmestre. M. Charles de Brouckère. Celui-là aussi était une haute et pénétrante intelligence, un esprit ferme et bon, un cœur généreux. J'habitais la Grand'Piace de Bruxelles qui, soit dit en passant, avec son magnifique hôtel de ville encadré de maisons magnifiques, est tout entière un monument. Presque tous les jours. M. Charles de Brouckère, en allant à l'hôtel de ville, poussait ma porte et entrait. Tout ce que je lui demandais pour mes vaillants compagnons d'exil était immédiatement accorde II était lui-même un vaillant, il avait combattu dans les barricades de Bruxelles. Il m'apportait de la cordialité, de la fraternité, de la gaieté et, en présence des maux de ma patrie, de la consolation. L'amertume de Dante était de monter l'escalier de l'étranger; la joie de Charles de Brouckère était de monter l'escalier du proscrit. C'était là un homme brave, noble et bon l.

Page 1