‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 29 sur 187 · Pendant l'Exil, p. io · texte numérisé non relu

Pendant l'Exil, p. io

maintenant dénationalisée, ces régiments dont il a fait des hordes, ces prétoriens qui ont violé l'Assemblée nationale, ces janissaires qui ont sabré la Constitution, ces soldats du boulevard Montmartre, qui auraient pu être des héros et dont il a fait des BRIGAXDS ; s'il arrive à vos frontières, cet homme, déclarant la Belgique pachalik, vous apportantla honte à vous qui êtes l'honneur, vous apportant l'esclavage à vous qui êtes la liberté, vous apportant le vol à vous qui êtes la probité, oh ! levez-vous, Belges, levez- vous tous ! Recevez Louis Bonaparte comme vos aïeux les Verviens ont reçu Caligula ! Courez aux fourches, aux pierres, aux faulx, aux socs de vos charrues; prenez vos couteaux, prenez vos fusils, prenez vos carabines; sautez sur le vieille épée d'Artevelde, sautez sur le vieux bâton ferré de Coppenole, remettez, s'il le faut, des boulets de marbre dans la grosse couleuvrine de Gand ; vous en trouverez à Notre-Dame de Hal ; criez aux armes! Ce n'est pas Annibal qui est aux portes, c'est Schinderhannes l ! Sonnez le tocsin, battez le rappel ; faites la guerre des plaines, faites la guerre des murailles, faites la guerre des buissons, luttez pied à pied, défendez-vous, frappez, mourez ; souvenez-vous de vos enfants auxquels vous devez léguer la liberté ! Empruntez à Waterloo son cri funèbre : la Belgique meurt et ne se rend pas ! Si le Bonaparte vient, faites cela 2 !

Proscrit, dépouillé, mourant de faim dans les rues de Londres, réduit parfois, dans son grenier de Holborn, à sucer des morceaux de linge qu'il trempait dans de l'eau, à mâcher de l'herbe et du papier 3, Chateaubriand

I. Jean Buckler, dit SCHINDERHANNES (surnom qui signifie, en idiome vulçaire, Jean l'ècorcheur], chef de brigands, qui désola les bords du Rhin à la fin du siècle dernier et au commencement de celui ci. Il fut exécute à Maycnce avec dix-neuf de ses complices, le 21 novembre i8o3. La Vie de Schinderhanne* et autres brigands dits garotteurs ou chauffeurs, rédiçée d'après les actes juridiques, a été publiée en *> vol. in-ia par Charles-Louis de Sevelinges. — Le nom de Schinderhannes reparaîtra maintenant jusqu'à la fin dans presque tous les écrits de Victor Hugo.

a. Pendant t 'exil p. -.

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