IV PREFACE
phio complète de ses premières années, mon premier soin devait èlre de consulter ce qu'il en avait dit lui-même dans son autobiographie, dans les deux volumes de Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
Et voilà que, dès la première page, je rencontrais la généalogie du poète, dressée par luimême, et le faisant descendre d'une « famille de vieille noblesse », d'une des plus grandes maisons de Lorraine. Il en avait du reste pris les armes; son écusson portait : d 'azur ', au chef d 'argent chargé de deux merlettes de sable. Comment le soupçonner d'une usurpation qui eût été, de sa part, sans motif comme sans excuse"? Je voulus vérifier cependant, non que je fusse en défiance, mais parce que j'ai cette infirmité (c'en est une assurément) de ne vouloir rien avancer que je n'aie vérifié. Je me renseignai en Lorraine même ; je fis faire des recherches dans les registres de l'état civil de Nancy, à Baudricourt, à Domvallier et en divers autres lieux. Les actes étaient formels : x ictor Hugo s'était forgé une fausse généalogie; il avait renié son grand-père le menuisier, un brave homme pourtant et qui avait été couronné à Nancy, le 10 tloréal an V (29 avril 1 T'JT i, le jour de la fête des Époux.