PRÉFACE V
EL maintenant les découvertes allaient se succéder rapidement. Le poète avait dit dans une de ses préfaces : « La mère de l'auteur, pauvre fille de quinze ans. en fuite à travers le Bocage, a été une ôrigande, comme Mme de Bonchamps et Mme de la Rochejaquelein. » Avoir été une brigande en 93; avoir suivi, à travers le Bocage de la Vendée, la veuve de Bonchamps et la veuve de Lescure, cela n'était pas une moindre gloire que d'avoir été aux croisades. Victor Hu°o le savait bien, et c'est pourquoi il voulait se créer, du cùté maternel, une noblesse au moins égale à celle qu'il s'était si libéralement octroyée du cùté paternel. D'un coté comme de l'autre, le fait était faux. La mère de Victor Hugo n'avait pas un seul instant quitté Nantes en 93 ; ni elle ni aucun des siensn'avaienl pris part aux luttes héroïques de la Vendée.
Cependant Victor Hugo est né, il a grandi; il a fait son éducation classique aux Feuillantines, bous l'œil de sa mère et sous la direction d'un vieux maître, M. Larivière. Devenu républicain, le poète avait trouvé bon de faire de son professeur un émule du P. Loriquet, afin de bien nntntrcr que, s'il avait été, sous la Restauration, catholique el loyaliste, il en fallait rendre responsablo Véducatiun cléricale donl son enfance avait